Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #James W. Horne, #Comédie, #Pirates
Le Pirate aux dents blanches (The Cruise of the Jasper B - James W. Horne, 1926)

1725.

Cleggett (Rod La Rocque), le second du James B. prend le commandement du navire après avoir défait le capitaine. Il en profite pour épouser la jeune Espagnole qu’ils hébergeaient, créant ainsi une dynastie dont chaque héritier doit se marier sur le navire le jour de ses 25 ans, sous peine d’être déshérité.

1925.

Jerry Cleggett (Rod La Rocque) voit sa maison et tout ce qu’elle renferme mis aux enchères : la fortune des Cleggett va lui passer sous le nez, car en ce jour de ses 25 ans, il est toujours célibataire.

Heureusement, le destin veille et lui envoie la jeune et belle Agatha Fairhaven (Mildred Harris), qui a elle aussi des soucis d’héritage.

 

Le titre original aurait pu se traduire par l’odyssée du Jasper B. mais le traducteur a opté pour une périphrase qui n’est pas si idiote que ça. En effet, la caractéristique du pirate Cleggett est, outre son torse imberbe sous une chemise ouverte et son ceinturon qu’il serre à chaque nouvelle épreuve, un sourire éclatant qui n’est pas sans rappeler celui de Douglas Fairbanks : ce pirate aux dents blanches, de plus, porte une fine moustache et est aussi athlétique que son aîné (1). Mais rapidement le pirate est abandonné, car c’est le Cleggett actuel (pour les spectateurs : 1925 était l’année dernière pour eux) qui nous intéresse.

 

Nous sommes avant tout dans une comédie. James W. Horne est surtout connu maintenant pour avoir réalisé quelques-uns des films de Laurel et Hardy. Mais son travail avant leur rencontre n’est pas à négliger (2). Et ici, dans cette fausse histoire de pirates, il y a vraiment de quoi se réjouir. Il faut dire aussi que le scénario n’a pas été écrit par n’importe qui puisqu’il s’agit de Tay Garnett.

Bref, nous sommes en de bonnes mains, et on s’amuse beaucoup dans ce film qui joue avec brio sur les accumulations. On assiste à des situations qui progressent sans cesse, faisant progresser le comique toujours plus loin mais avant d’en arriver à la saturation.

Evidemment, les situations sont des plus improbables, mais le spectateur est averti dès l’intertitre d’introduction : le public visé est celui qui croit au Père Noël, aux contes de fées et autres éléments merveilleux bien qu’utopiques (voir ci-dessous). Rien de bien sérieux en somme, et tant mieux !

 

Rod La Rocque est magnifique dans cet héritier très « fin de race » mais qui se montre, le moment venu le digne héritier de son ancêtre pirate. La première séquence qui voit ses affaires adjugées et donc retirées est superbe : il passe la plus grande partie habillé par le strict nécessaire – une serviette éponge en guise de pagne – et doit de mander aux visiteurs de se retourner le temps qu’il se vête correctement. S’ensuit un nouveau gag concernant les femmes qui assistent au spectacle…

 

Parallèlement, nous suivons la jeune Agatha qui a du mouron à se faire : son oncle lui lègue toute sa fortune et rien à son propre beau-frère, l’infâme Maltravers (Snitz Edwards). Ce dernier d’ailleurs porte un nom qui lui sied à ravir… Pour peu qu’on parle le français.

Edward Snitz, pour une fois, a un rôle important, ne se contentant pas de faire de la figuration comme c’était très souvent le cas. Son physique de demi-portion conjugué à son visage caractéristique en fait un méchant fort acceptable et surtout très drôle (3).

Autre personnage comique très réussi : Wiggins, le serviteur de Cleggett (Jack Aykroyd).

 

Il est ce qu’on appelle un serviteur zélé voire totalement dévoué. C’est souvent avec lui que les choses empirent, dont l’épisode de la boîte : alors qu’il croit avoir tué Maltravers, il décide de placer le corps dans une caisse. Funeste erreur qui amènera un dénouement pas si attendu que ça mais sonnera tout de même la fin de l’odyssée du James B. donnant alors raison au titre original.

Cette résolution est d’ailleurs tellement incroyable et d’une portée gigantesque qu’on en regrette presque de ne pas voir le président des Etats-Unis (4) à sa conclusion…

 

Bref, à voir absolument !

 

 

  1. Le Pirate noir est sorti en mars de cette même année. De plus, Douglas Fairbanks avait 15 ans de plus que Rod La Rocque.
  2. C’est lui qui dirigera Buster Keaton dans College, excusez du peu.
  3. On le retrouvera l’année suivante dans l’inoubliable 7 Chances, aux côtés de Buster Keaton (encore lui).
  4. A l’époque c’était Calvin Coolidge.
Le Pirate aux dents blanches (The Cruise of the Jasper B - James W. Horne, 1926)
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog