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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Wes Anderson
A Bord du Darjeeling Limited (The Darjeeling Limited - Wes Anderson, 2007)

Une chambre à Paris, un taxi en Inde et le train qui emmène les trois frères Whitman – Francis (Owen Wilson), Peter (Adrien Brody)  et Jack (Jason Schwartzman) – vers leur mère qui s’est retirée dans une mission au fin fond de l’Inde, sur les contreforts de l’Himalaya.

Ces trois frères ne s’étaient pas revus depuis la mort de leur père l’année précédente et la cohabitation dans le train va être difficile, surtout que leurs attitudes ne sont pas toujours en accord avec le lieu dans lequel ils sont.

 

Bien sûr, le Darjeeling Limited n’existe pas, même s’il existe un train qui se rend dans la ville : le Toy Train, propriété de Darjeeling Hamalayan Railways.

Quoi qu’il en soit, c’est un très beau road movie qui nous est ici proposé, avec trois hommes un tantinet perdus qui vont se retrouver, voire se trouver. Normal, le voyage, dans un road movie se fait extérieurement et intérieurement.

Le film commence par un court-métrage, annoncé comme devant précéder le film en lui-même. On y rencontre le plus jeune des trois frères : Jack. Il est seul dans une chambre d’hôtel à Paris (1) : on y rencontre aussi son ex (Natalie Portman), avec qui il a une relation des plus compliquées.

Mais ce prologue est avant tout l’occasion de retrouver l’univers de Wes Anderson : tous ces petits objets qui font une personne, ainsi que des couleurs vives qui vont perdurer dans la seconde partie.

A nouveau, c’est une comédie douce-amère qui nous est proposée ici, les pérégrinations du trio amenant des situations amusantes qui les mettent en opposition avec le chef du train (Waris Ahluwalia) qui n’aura d’autre choix que de les chasser  du train.

C’est d’ailleurs quand ils se retrouvent seuls au milieu de nulle part qu’ils vont enfin grandir et se rapprocher.

Il faut dire qu’il leur arrive une aventure qui vire au tragique : la mort d’un enfant. Evidemment, cette nouvelle mort va nous ramener à celle du père et le cadre de leur précédente rencontre. C’est aussi l’un des moments les plus émouvants du film, la mort d’un enfant n’étant pas une chose naturelle.

 

A nouveau, Wes Anderson s’entoure d’interprètes connus : outre l’incontournable Owen Wilson (2), on retrouve Anjelica Huston (la maman), Waris Ahluwalia et un autre incontournable, Bill Murray (l’homme dans le taxi). Et les deux nouveaux-venus (Brody & Schwartzman) ont dû apprécier de travailler avec Anderson puisqu’on les retrouvera dans les films suivants. Bref, nous sommes en territoire connu et en bonne compagnie.

Les tribulations de ces trois frères dissemblables sont parsemées de tensions liées à une méfiance réciproque : des secrets s’échangent entre deux avec promesse de ne pas en parler au troisième. Mais au final, tout se sait et les tensions s’accentuent encore plus jusqu’à l’éjection du train.

Il faut dire que le personnage de Francis est le principal artisan de ces tensions : c’est lui qui a convoqué ses frères pour ce voyage sans pour autant leur avouer le véritable objectif de cette expédition. De plus, sa façon de procéder avec les deux autres est assez pénible, mais ne disparaît pas totalement malgré les protestations (légères) de Peter. On découvrira plus tard d’où lui vient cette méthode dirigiste.

 

Bref, Wes Anderson continue à explorer les relations familiales sous couvert d’un vernis comique qui ne fait pas oublier tout de même les tensions inévitables (et indispensables ?) entre les membres d’une même famille. Après Royal Tenenbaum (Gene Hackman) et Steve Zissou (Bill Murray), c’est au tour de Francis Whitman d’essayer de rabibocher tout son monde.

Y arrivera-t-il ? Réponse dans le film.

 

  1. Il s’agit de l’Hôtel Chevalier qui donne son nom au titre du court.
  2. Il est de tous les longs-métrages sauf Isle of Dogs (2018).
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