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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Irvin Willat, #Thomas H. Ince, #Lon Chaney, #Guerre
Périlleuse Mission (The false Faces - Irvin Willat, 1919)

Pendant la guerre, il se passe aussi de drôles de choses.

En effet, Michael Lanyard (Henry B. Walthall) – alias the Lone Wolf (1) – a troqué son métier de cambrioleur pour un poste d’agent secret infiltré en Allemagne.

Mais il n’est pas le seul à avoir intégré l’armée : son ennemi Ekstrom (Lon Chaney) en a fait de même, mais dans l’Armée du Kaiser.

 

C’est à la toute fin de la première Guerre mondiale que fut tourné ce film d’Irvin Willat, sous la supervision de Thomas H. Ince.  Les cartons d’ouvertures sont clairs : Ince est (presque) partout. Il produit, supervise la mise en scène et le montage. Bref, il ne reste pas beaucoup de place à Willat.

 

Bien sûr, quand le film sort, la guerre est terminée, mais tout le monde n’est pas rentré de France. L’intrigue perdit alors un peu de son intérêt, mais le film nous propose un duo qu’on retrouvera : Walthall & Chaney (2).

Bien sûr, Walthall est le gentil, et Chaney l’affreux teuton aussi cruel que possible. Et les visages dont parle le titre original sont bien entendu ceux de Lon Chaney, dans un rôle à figures multiples.

Si Eckstrom est irrécupérable, il  n’en va pas de même de Lanyard, qui profite de la Guerre pour s’amender et donc se réformer : alors que la tentation de voler est là, il surmonte ses instincts de brigand et laisse un joli butin.

 

Même si la guerre est terminée, les Allemands sont toujours les méchants : il faudra attendre quelques années pour que ces derniers rejoignent le côté des méchants, en attendant l’accession au pouvoir des Nazis qui retrouveront le côté obscure, et pour pas mal de temps.

Eckstrom, en plus d’être un brigand est même qualifié de « Hun » dans un intertitre, avec toute la connotation barbare qu’on imagine.

Il faut dire que ce « charmant » personnage est la raison pour laquelle Lanyard s’est enrôlé : en villégiature chez sa sœur (veuve) et son neveu, il échappe de peu à une exécution pendant que les deux autres sont massacrés.

 

Il est dommage que la copie disponible (3) est abimée, les intertitres originaux sont plutôt bien réalisés, jusque dans les symboles qui accompagnent la distribution : un masque pour Lanyard, des poignards pour Eckstrom ou encore des cœurs pour Mary.

Le film se décompose en trois parties découlant les unes des autres : la Guerre ; le retour de mission en bateau ; sur le sol américain.

La guerre est montrée assez longuement. Il est évident que le budget du film ne permettait pas des combats homériques entre deux armées nombreuses. Par contre, la façon de montrer l’intensité des combats retient notre attention. Ce sont des séquences de nuits au montage plutôt rapide, éclairées par un projecteur en mouvements balayant régulièrement la scène. Des ombres de corps ou d’élément de désolation contribuent à l’illusion. Ce ne sont que des suggestions mais l’effet recherché est atteint : en plus de cela, on a peloton qui se faufile à la recherche de blessés, pendant que Lanyard lui-même essaie discrètement de rejoindre les lignes anglaises. La séquence est peut-être un tantinet trop longue, mais l’effet est vraiment intéressant.

La traversée en bateau est le moment où nous rencontrons vraiment Eckstrom, et les déguisements de ce dernier donnent donc le titre original.

Quant à la dernière partie, elle offre elle aussi une belle bagarre entre les deux stars, avec un subterfuge de Lanyard qui surfe (4) sur l’idée de faux semblant du titre.

 

Quant à la mission : oui, elle est tout de même périlleuse !

 

PS : Il y a peu de chance que notre Loup solitaire le reste bien longtemps…

 

 

  1. Le Loup Solitaire
  2. Si London after Midnight a été perdu, on peut encore voir The Road to Mandalay de Tod Browning.
  3. La copie de 1h12 est en meilleur état mais les intertitres originaux ont été refaits et une partie du film disparue. La version vue est celle de 1h38.
  4. Comme on dit de nos jours…

 

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