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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Sidney A. Franklin, #Norma Talmadge
La Cité défendue (The forbidden City - Sidney A. Franklin, 1918)

La Chine éternelle…

Ses Mandarins aux moustaches tombantes, ses tenues d’apparat, son empereur cruel…

Et San San (Norma Talmadge).

San San est la fille de Wong Li (E. Alyn Warren), un Mandarin déchu auprès de l’empereur (L. Rogers Lytton). Pour regagner son affection, il envoie sa fille comme favorite.

Dans le même temps, sa fille a rencontré le jeune et beau diplomate John Worden (Thomas « Crichton » Meighan) : c’est le grand amour duquel naîtra une fille. Mais l’empereur n’’est pas prêteur et fait exécuter San San, élevant tout de même sa fille Toy.

18 ans plus tard, Toy (Norma Talmadge) suit les mêmes traces que sa mère.

Pourtant, l’intertitre d’entrée – une citation de Kipling – nous a prévenus : l’Orient et l’Occident ne doivent jamais se rencontrer…

 

Nous sommes bien sûr dans le mélo, mâtiné de cet exotisme alors en vogue dans le cinéma américain (et ailleurs aussi). La Chine qui nous est présentée est des plus stéréotypées, Franklin ouvrant le film avec quelques images d’archives avec pagode et costume traditionnel, sans oublier la Grande Muraille.

Bien sûr, on pense à Madame Butterfly, mais l’intrigue qui nous est proposée ici ne pré&sente pas le jeune Américain comme un salaud. Au contraire, c’est le Destin (1) qui va l’éloigner de celle qu’il aime et par extension de sa fille.

Ici, s’il fallait désigner un méchant, ce serait plutôt l’empereur, qui allie fourberie et cruauté dans le plus pur style « préjugé » : on retrouve le vieux concept un tantinet raciste qui consiste à considérer les Chinois comme des gens fourbes et cruels.

Et la mise à mort de San San par l’ignoble empereur est plutôt inattendue – pour San San plus que pour le spectateur – et on se dit que Franklin se débarrasse bien tôt de son actrice vedette !

 

Mais c’est pour mieux la faire revenir dans la deuxième partie (2).

On va alors retrouver une sorte de copier-coller de la première partie quant à l’intrigue amoureuse : le lieutenant Philip Halbert (Reid Hamilton) prenant la place de Worden dans le cœur de la jeune femme.

Nous aurons même droit à une fin (à peu près) heureuse un petit peu prévisible avec retrouvailles (attendues elles aussi) du père et de la fille : pendant que la belle Toy grandissait, Worden vieillissait mais restait en poste à Shanghaï.

 

Certes, le film de Sidney A. Franklin n’est pas un chef-d’œuvre absolu, mais on y trouve tout de même un thème central dans la culture américaine et qui pose toujours problème une centaine d’années après : le métissage.

On se souvient du formidable Half-Breed de Dwan avec Douglas Fairbanks deux ans plus tôt, qui traitait déjà de ce sujet.

Ici encore, une barrière se dresse pour la jeune femme du fait de son sang-mêlé : elle est sujette au mépris voire à l’humiliation et même Worden se range derrière l’idée qu’on ne peut (ni ne doit) se mélanger, et ce malgré sa propre histoire avec San San.

 

 Reste un film malgré tout sympathique qui nous permet d’apprécier le talent de Norma Talmadge, même si on peut – largement – lui préférer ses films ultérieurs. Il faut dire que le format – 62 minutes – ne permet pas beaucoup de développer une quelconque partie de l’intrigue.

Et on peut aussi reprocher l’absence – quasiment totale – de véritables acteurs d’origine asiatique : outre les enfants du début et la présence de Charles Fang (qui était tout de même né à San Francisco), les rôles des autochtones sont interprétés par des acteurs hollywoodiens 100% blancs caucasiens… Norma Talmadge est d’ailleurs plus crédible en métisse qu’en Chinoise (3).

 

  1. Farceur évidemment, sinon pas de film…
  2. Oui, le film comporte deux parties de longueurs somme toute équivalentes.
  3. Tout comme Wallace Beery, en Chinois lui aussi (A Tale of two Worlds, 1921) ; ou encore en Indien d’Amérique (The Last of the Mohicans, 1920).

 

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