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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #William Friedkin, #Policier
The French Connection (William Friedkin, 1971)

Magnifique.

Sordide.

Magnifiquement sordide.

 

1962.

D’un côté Marseille où Alain Charnier (Fernando Rey) est un homme d’affaires qui réussit. Tellement qu’il est surveillé par la police. Ce n’est pas bien grave, après avoir acheté le pain, le policier est tué par Pierre Nicoli (Marcel Bozzuffi).

De l’autre côté (de l’Atlantique), à New York, Jimmy « Popeye » Doyle (Gene Hackman) lutte avec son partenaire Buddy « Cloudy » Russo (Roy Scheider) contre le trafic de drogue.

Le lien entre ces deux côtés ? Charnier fournit les revendeurs américains : c’est lui qui dirige la « French Connection ».

 

William Friedkin signe ici son premier grand succès : il faut dire que ce film est absolument fantastique. Il donne une nouvelle vision du film de gangsters spécialisés dans la drogue. Alors qu’en France, on est resté à Razzia sur la Chnouf, les Américains nous remontrent, - comme s’ils avaient vraiment besoin de le faire – qu’ils sont certainement les leaders du cinéma mondial.

 

Si on retrouve un duo de policiers qui semble tout à fait classique, c’est dans la façon de montrer leur(s) action(s) qui change. Dans le même temps, n’oublions pas que Donald Siegel nous a proposé un nouveau genre de flic peu habituel : Harry Callahan.

Ici, on retrouve le même ton : nulle violence n’est épargnée au spectateur, seul le résultat compte.

Mais surtout, le film possède une portée documentaire qui fait défaut au film de Siegel (1). En effet Friedkin, en adaptant le scénario d’Ernest Tidyman (qui se basait sur un livre de Robin Moore), raconte une histoire qui a réellement eu lieu (2) : les noms des protagonistes ont été changés et certains personnages sont des condensations de plusieurs.

Et Friedkin va sans cesse aborder cette histoire d’une façon réaliste, reprenant des techniques du reportage : de nombreux plans sont réalisés caméra sur l’épaule, sans oublier la poursuite en voiture – après un métro ! – qui est réellement effectuée par Gene Hackman (3).

 

Cette poursuite est d’ailleurs extraordinaire de réalisme, voire de vérité. On a longtemps eu l’habitude de voir des acteurs en voiture réaliser des poursuites assez spectaculaires. Mais la plupart du temps, une fois l’acteur (c’était rarement une actrice…) dans l’habitacle, on avait droit à un fond bleu qui permettait d’y incruster des images afin de donner un semblant de réalisme (4).

Ici, C’est Gene Hackman qui conduit comme le montrent les images extérieures à l’habitacle qui sont on ne peut plus vraies. Cette poursuite est d’ailleurs considérée comme l’une des meilleures du cinéma (avec celle de Bullitt, cela va sans dire…).

 

Quoi qu’il en soit, on suit avec beaucoup d’intérêt cette intrigue à propos de narcotiques qui nous laisse bien éveillés !

Certes, certaines séquences montrent une violence terrible, mais le côté documentaire du sujet (reconstitution) l’exigeait. Il était important de montrer que les tenants et les aboutissants de ce trafic n’étaient pas une promenade de santé, pour les policiers comme pour les trafiquants.

De plus, les décors utilisés ajoutent au cachet authentique du film. Nul endroit extrêmement clinquant, mais plutôt des lieux miteux, crasseux, loin des atmosphères plutôt aseptisées habituelles : sordides (voir présentation ci-dessus). Même l’immeuble où vit Doyle est minable. Sans parler de son intérieur…

 

Le film fut un succès planétaire, l’exploitation américaine rapportant près de 30 fois la mise de départ…

Alors évidemment, on en a fait une suite.

Mais bien sûr, ceci est une autre histoire…

 

  1. Ce n’est d’ailleurs pas le propos de ce film.
  2. Gérard Oury s’est inspiré de cette histoire pour Le Corniaud, reprenant la voiture sur-chargée véhicule de contrebande. Comme quoi…
  3. C’était une des conditions pour décrocher le rôle.
  4. Je ne voudrai pas avoir l’air de cafter, mais dans La Mort aux trousses, cette technique n’est pas toujours bine maîtrisée…
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