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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fred C. Newmeyer, #Sam Taylor, #Harold Lloyd
Vive le Sport ! (The Freshman - Fred C. Newmeyer, Sam Taylor - 1925)

Harold Lamb (Harold Lloyd) veut aller à l’université.

Il faut dire que le héros de son film préféré y fait ses débuts, et Harold ne rêve que de l’imiter voire d’en être la nouvelle mascotte.
Et pour ce qui est d’être une mascotte, c’est très bien réussi. Mais pas vraiment comme il l’attendait : il est la risée des étudiants, sans même s’en rendre compte.

Plus dure sera la chute.

 

Deux ans avant Keaton, Lloyd emmène son personnage dans une grande école : l’université.

Et toujours avant lui, c’est par le sport qu’il compte briller. Mais si Buster veut épater une jeune femme, Harold, lui ne veut rien moins que séduire l’université entière.

On retrouve alors le jeune homme naïf qui nous fait toujours autant rire. Parce que son comique, supposé naïf, demande une plus grande attention afin de déclencher les rires du publiques : faire rire tout en faisant semblant de ne pas faire exprès de faire rire, l’une des formes de comiques les plus répandues au temps du muet, du fait de l’absence de paroles entendues.

 

Et c’est un véritable festival, accentué par le décalage entre ce qu’il pense et ce qu’il se passe réellement. Mais plus le film avance et plus le décalage se fait, jusqu’au moment inévitable de la retombée sur terre.

Mais cette désillusion est atténuée par l’amour qui naît entre Peggy (Jobyna Ralston),  la réceptionniste de l’hôtel, et lui. C’est d’ailleurs dès la deuxième séquence qu’on sait, en tant que spectateurs que ces deux-là finiront ensemble. Leur rencontre, base d’un quiproquo, se révèle être une très belle scène d’amour de cinéma.

Il faut dire que le tandem Lloyd-Ralston est très efficace. C’est déjà leur troisième film ensemble (le quatrième si on compte Et puis ça va où la belle Jobyna ne fait qu’une apparition), et il y en aura deux autres dont le superbe Kid Brother.

Le duo fonctionne admirablement, Peggy donnant des ailes au jeune candide afin qu’il se révèle tel qu’il est.

 

Le film fonctionne admirablement : Fred C. Newmeyer et Sam Taylor – encore eux – sont aux commandes et la mécanique est bien huilée.

C’est une succession de situations toutes plus drôles les unes que les autres, étirant, comme d’habitude, un gag jusqu’au bout : le bal où le complet d’Harold part en lambeau est magnifique de trouvailles pour ne pas montrer (aux autres) l’état de plus en plus lamentable de sa tenue de soirée.

 

Quant au sport dont parle le titre français*, c’est, bien entendu, le football (américain). On assiste alors à un match – toujours improbable, et c’est aussi pour ça que le comique fonctionne – où le blanc-bec* va se révéler : malgré lui dans un premier temps, puis volontairement avec en prime le gag du cordon du ballon.

Il s’agit de l’un des plus beaux matches de football du Cinéma (décidément, que de grandeur dans ce film), avec bien sûr celui de M*A*S*H*, 45 ans plus tard…

 

Un film qu’il est urgent de (re)découvrir !

 

 

* Le titre original – The Freshman – signifie le blanc-bec ou le bleu, le nouveau. Bref, cela n’a rien à voir directement avec le sport. De plus, si c’est le sport qui va le révéler aux autres, c’est avant tout parce que le reste n’a pas fonctionné et que c’était la dernière possibilité.

Décidément, les traducteurs de cinéma et moi ne sommes pas souvent d’accord…

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