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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Buster Keaton
Le Mécano de la General (The General - Buster Keaton & Clyde Bruckman, 1926)

La General, c’est une locomotive.

Elle est conduite par Johnnie Gray (Buster Keaton).

Johnnie Gray a deux passions dans la vie : sa machine, et sa fiancée, Annabelle Lee (Marion Mack). Mais bientôt, la Guerre Civile éclate et les hommes du Sud s’engagent.

Johnnie aussi, mais étant machiniste, on le juge plus utile aux commandes de sa machine qu’au front.

Devant ce non-engagement, sa fiancée le boude, le considérant comme un lâche.

Mais des Nordistes s’emparent de sa machine, ainsi que de sa fiancée qui avait l’intention de voyager. Johnnie n’hésite pas : il va la sauver, ainsi que sa machine !

 

Il s’agit ici d’un film à grand spectacle. Rarement un film muet aura eu autant de moyens à sa disposition : plusieurs locomotives (dont une détruite), un nombre impressionnant de figurants… Bref, la United Artists n’a pas lésiné et le résultat est tout bonnement formidable.

Basé sur une histoire réelle de vol de train pendant la guerre de Sécession, Keaton réussit à nous faire rire avec un sujet a priori sérieux. Onze ans après Naissance d’une Nation, voici un nouveau grand film qui traite de la guerre civile américaine, côté sudiste, avec le sérieux nécessaire pour faire un bon film comique. Et le racisme en moins...

Mais, sujet oblige, ce ne sont pas les coups de pied au derrière et autres tartes à la crème qui dominent dans ce film (juste un petit coup de pied lors de l’engagement…). Au contraire, le comique est plus subtile. Le changement opéré par Keaton en passant aux longs métrages se précise. Son humour est plus subtile, même s'il est basé sur une mise en scène réglée au millimètre près. Ici, les gags sont au service de l'histoire. Alors que longtemps, les situations étaient prétextes à des gags plus ou moins réussis, Keaton (comme Chaplin et les autres) nourrit son intrigue de gags magnifiques.

 

Alors on se laisse faire. On embarque à bord de la General et on assiste aux exploits (le terme le plus juste) de Johnnie, héros malgré lui... Quoi que...

Si les événements jouent en sa faveur, il ne faut pas oublier que c'est lui qui est à l'origine de ce périple en terres ennemies. Avec lui, on est déçu qu'il ne soit pas engagé, mais on se réjouit de la tournure des événements.

Et puis les scènes sur le train sont magiques : Keaton réussit à utiliser au maximum le décor à sa disposition : plateforme de la locomotive, chasse-bison (avant du train), wagons... Tout amène un gag savamment orchestré : une folie bien réglée qui utilise à chaque fois toutes les possibilités offertes.
Et comme ce n'est pas John Ford qui dirige, ce sont les Confédérés qui l'emportent. Il faut dire aussi que c'est le début du conflit, d'où cette victoire. Mais que nous importe le sort des armes. C'est Johnnie et sa fiancée qui nous intéressent. Et le voir traverser le conflit par amour ne peut avoir qu'une récompense à la mesure de sa bravoure (plus ou moins volontaire). Même si Marion Mack n'est pas employée à son maximum (du fait du scénario, avant tout), leurs scènes en commun sont drôles à souhait : il y a un tel décalage entre eux deux. Un exemple : alors qu'il manœuvre pour échapper à ses poursuivants, elle balaie la plateforme...

 

Tout de même, une question subsiste : comment le Sud a-t-il pu perdre, avec une telle armée et surtout un machiniste pareil ?

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