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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Comédie, #Guy Ritchie
The Gentlemen (Guy Ritchie, 2019)

Le seul problème, avec Guy Ritchie, c’est qu’il est capable du mieux – Snatch, Sherlock Holmes – comme du pire – King Arthur: Legend of the Sword – et fort heureusement pour nous, The Gentlemen appartient à la première catégorie.

Rassemblant quelques noms du cinéma britannique (Hugh Grant, Colin Farrell, Eddie « Lestrade » Marsan), et les Américains Matthew McConaughey et Jeremy Strong, il nous propose une nouvelle histoire de gangsters dont le titre nie ouvertement les pratiques.

Parce que ces gens qui s’expriment avec beaucoup de facilité et un langage (presque) toujours châtié ne sont rien que des brigands, un tantinet meurtriers sur les bords.

 

Mike « Mickey » Fearson (McConaughey, donc) est un caïd des drogues douces (marijuana…) à opposer aux drogues dures (héroïne) qui sont plus le bizness de Lord George (Tom Wu). Il est secondé par une espèce de consigliere, Ray (Charlie « Arthur » Hunnam), qui s’occupe surtout de tout ce qui est intendance parallèle (1). Il est sur le point de revendre son affaire à un autre trafiquant notoire, Matthew (Jeremy Strong). Mais tout ne se passe pas comme prévu, et en plus un journaliste – Fletcher (Hugh Grant – décide de le faire chanter…

 

C’est encore une fois une comédie, même si elle l’est beaucoup moins ouvertement que Snatch. Certes, ce ne sont pas des enfants de chœur et on a là encore notre lot de cadavres. Mais bien sûr, c’est l’opposition entre ce que sont réellement ces hommes et le titre qui fait tout le sel du film, reprenant tout de même les différents éléments du genre : cadavres, donc, mais aussi armes diverses, fusillades, bagarres et langage de rue.

Mais alors que tous les ingrédients sont là pour faire un film de gangsters sérieux, Ritchie introduit quelques personnages légèrement décalés dans cette intrigue de gros méchants : les boxeurs du « Coach » (Colin Farrell). Et ce dernier, véritable éducateur sportif qui veut les voir sortir de la galère prend sur lui les erreurs de ses protégés qui étaient allés s’attaquer à trop fort pour eux (Mickey). A son entrevue avec Ray ne manque qu’une parole : celle qu’on trouve à Luc, 23:34. (2)

 

Mais plus que ce film de gangsters pour de rire, c’est avant tout la façon de nous l’exposer qui est assez remarquable (3). Ritchie se joue de la narration avec beaucoup de bonheur, soutenu par la prestation elle aussi remarquable de Hugh Grant. De plus, il brouille les différents temps du récit, passant d’une situation présente (ou telle) qui n’a qu’une issue incertaine : Matthew se rend au pub, commande une pinte de bière et un œuf, appelle son épouse (Michelle Dockery) avant que la caméra sorte de son champ, pendant qu’un coup de feu fait gicler du sang sur et dans le verre de bière. Mais ce n’était pas le présent. C’était un passé récent, parce que le véritable présent, c’est le moment du récit de Fletcher, imaginé comme un scénario de film avec les éléments de langage qui vont avec quand ce ne sont pas des références très techniques. Bien sûr, Ritchie est maître de la narration, interrompant sans cesse ce que nous voyons et amenant progressivement l’intrigue proprement dite avec la résolution qui est amenée de manière assez admirable.

Bref, c’est du grand art.

 

Par contre, Ritchie a la bougeotte, et encore une fois, on a droit à des mouvements de caméra parois un peu trop vifs, voire étourdissants. Mais que voulez-vous, il faut bien que Ritchie impose sa patte à son œuvre.

Alors préparez-vous à cette histoire un tantinet improbable de gentlemen-gangsters bien loin de notre cambrioleur de l’Entre-deux guerres qui fut récemment remis au goût du jour.

Certes, ils ont des manières, mais ce sont des méchants !

 

  1. Disparition de cadavre, règlement (définitif) de situation, information en tout genre…
  2. Je vous laisse chercher.
  3. Digne d’être remarquée, donc.
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