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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cecil B. DeMille, #Western
La Fille du Far-West (The Girl of the golden West - Cecil B. DeMille, 1915)

Cloudy Mountain est un petit bled minier de Californie, une sorte de ville-champignon où les prospecteurs viennent dépenser leur or – et aussi le mettre à l’abri, au Nugget Saloon, que tient la fille de l’ancien propriétaire : La Fille (Mabel Van Buren) (1).

Au saloon, on croise aussi le shérif (Theodore Roberts), qui est aussi un sacré joueur, et toute la faune habituelle des saloons.

Une fois ce décor planté, vient le méchant : Ramerrez (House Peters), un bandit de grand chemin qui a l’intention de faire main basse sur l’or conservé au saloon.

 

Bien sûr, il ne le fera pas, étant tombé préalablement amoureux de La Fille. Et au final, il partira avec la fille (2), vers des cieux plus cléments et toute cette sorte de choses qu’on trouve dans un western.

Enfin pas tellement en fait, puisque le western est encore balbutiant, même si Cecil B. DeMille en est déjà à son quatrième. Le film est loin des canons du western romantique comme on le connaît le mieux : mis à part Ramerrez, c’est une belle collection de moustaches fournies qui nous est proposée.

 

L’histoire est tirée de la pièce de Belasco (3) – un des rois de Broadway – et adaptée par CB soi-même.

Et c’est peut-être pour ça que le film est un tantinet bancal. En effet, dans l’année de sortie du film (1915), une actrice va bouleverser sa façon de faire ses films : Jeanie MacPherson (4).
En attendant, il faudra se contenter de ce qu’on a.

 

Il s’agit du douzième film de celui qui n’est pas encore le Maître que l’on sait, et la première chose qui saute aux yeux, c’est le côté statique des acteurs qui ne font que très peu de mouvement devant la caméra dans les scènes d’intérieur.

Autre reproche qu’on peut faire au film : malgré la photographie d’Alvin Wyckoff et les décors de Wilfred Buckland, on ne peut ignorer quelques détails un peu gênants.

En effet, les scènes dans le saloon son éclairées à la lumière du soleil – comme c’était la coutume – ce qui donne des ombres supplémentaires absolument pas en rapport avec ce que l’on voit.

Encore un détail : la neige. Ce n’est pas son aspect artificiel qui gêne le plus, c’est surtout son arrivée inopinée ainsi que sa disparition, inopinée elle aussi. Au bout du compte, elle n’a d’utilité que pour La Fille qui peut garder son amoureux chez elle.

Dernier détail enfin, et qui fait un peu écho au premier film de CB, Le Mari de l’Indienne : deux Indiens apparaissent dans le film, un homme et une femme.

Si leur apparence les identifie de suite, leurs rôles ne sont pas des plus éblouissants.

En effet, l’Indienne, au service de La Fille, lèche les emballages de nourriture quand elle ne la subtilise pas carrément. Quant à lui, on lui demande de surveiller un cheval et il s’endort, permettant à Ramerrez de fuir ; un peu plus tard, il se permet de boire le verre du shérif qui s’est endormi.

 

Pour le reste, on est toujours dans la même verve que dans le film cité plus haut, avec une intrigue tout de même très sommaire. Reste la prestation de Theodore Roberts qui ne laisse pas indifférent : sa conception de la justice peut prêter à caution, mais c’est tout de même un homme de parole.

Autre aspect de la justice, les habitués du saloon ne connaissent qu’une seule façon de juger Ramerrez une fois capturé, celle du juge Lynch : la pendaison.

 

Et quand le film s’achève sur le baiser final, on se dit qu’il est temps que DeMille trouve quelqu’un pour lui écrire de belles (et bonnes) histoire.

Mais heureusement, ça arrivera dix films plus tard quand sortira le magnifique The Cheat.

 

 

 

  1. On ne lui connaît aucun autre nom.
  2. Ou « La Fille », c’est au choix…
  3. David Belasco (1853-1931) a écrit de nombreux spectacles qui furent adaptés au cinéma. C’est même lui qui aurait suggéré à Gladys Louise Smith de changer son nom en Mary Pickford…
  4. Elle tient ici le rôle de Nina : une Mexicaine qui trahit Ramerrez par jalousie.
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