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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Erich von Stroheim, #James Cruze, #Cinéma, #Drame

Avant-dernier film réalisé par Stroheim, c'est surtout grâce à James Cruze qu'il doit de tourner.

Depuis Queen Kelly, Stroheim est persona non grata à Hollywood. D'ailleurs, son dernier film, Hello Sister!, sera, lui aussi, mutilé et en partie tourné sans le maître.

Malgré tout, Gabbo est un personnage de Stroheim. Il a l'apparence prussienne, à l'instar de von Steuben dans Maris aveugles, ou encore Karamzin dans Folies de Femmes. Il a même la cicatrice au front de ce dernier, ce qui lui donne un air encore plus martial et sévère. Et en plus, il possède toute une rangées de décorations !

Mais Gabbo est ventriloque (d'où le titre français). Très doué - surtout au cinéma - mais tyrannique : pour avoir fait tomber un plateau pendant son numéro, il renvoie sa partenaire, la belle Marie (Betty Compson).

Deux ans plus tard, il la retrouve alors qu'il est devenu Le grand Gabbo dans le même théâtre où elle évolue avec Frank (Donald Douglas), son mari.

Gabbo pense remettre le couvert. Mais nous savons tous que les films de Stroheim se terminent mal pour son personnage...

La volonté des studios était d'avoir un film musical. C'est pourquoi nous avons une succession de numéros chantés mettant en vedette Marie et Frank, ainsi que Babe (Marjorie Kane), sans grand rapport avec l'intrigue. Et quand on revoit Chantons sous la Pluie, on retrouve cette ambiance musicale ainsi que les costumes des danseurs. On se dit alors que Donen et Kelly ont bien recréé cette période.

Mais celui qui nous intéresse, c'est Gabbo. Enfin, on entend « celui que vous aimerez haïr ». Il est accompagné de sa marionnette, Otto. Si Gabbo parle allemand avec l'accent américain (comme dans La grande illusion), il n'en va pas de même pour Otto qui parle avec un véritable accent prussien.

L'histoire de Gabbo, c'est celle d'un homme seul, et qui pour vaincre sa solitude, s'adresse à sa marionnette comme si c'était un véritable être vivant. Nous touchons à la schizophrénie avec un côté sublime. Gabbo a beau être Otto (c'est lui qui l'anime et le fait parler), on en vient à se demander si cette marionnette n'est pas autonome. Et quand Marie lui parle, lui ouvre la bouche et qu'elle parle, tout comme Marie, on est suffoqué ! On y croit, elle vit... Mais ce n'était encore que Gabbo qui venait d'arriver.

L'utilisation du parlant est véritablement pertinente. Le ventriloque prend toute sa dimension dans un environnement sonore*.

C'est l'apanage des grands metteurs en scène d'avoir utilisé le son à bon escient, tel Fritz Lang avec M le Maudit.

Quel dommage que Stroheim ait arrêté si tôt de tourner !

* Tod Browning l'a bien compris quand il a retourné Le Club des Trois en version sonore.

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