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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Michael Gracey
The greatest Showman (Michael Gracey, 2017)

Phineas Taylor Barnum (Hugh Jackman) EST (enfin était) ce « maître du spectacle » comme l'ont traduit les Canadiens : c’est lui qui est à l’origine de ces immenses cirques (itinérants) proposant des spectacles à couper le souffle, où  se côtoyaient personnes normales et monstres pour le plus grand plaisir des spectateurs, avides de sensations fortes et de curiosités.

Mais reprenons.

 

Phineas est un garçon qui accompagne son père (Will Swenson) tailleur et malade auprès de clients fortunés. C’est là qu’il rencontre celle qui sera sa femme : Charity (Michelle Williams).

Seul après la mort de son père, Phineas s’engage dans le Chemin de fer et revient quelques années plus tard pour épouser Charity, malgré les sarcasmes de son père (Fredric Lehne).

Mais il faut vivre, surtout avec les naissances de deux filles.

Phineas a alors l’idée de créer un cabinet de curiosités. Mais cela ne marche pas.

Sur les conseils de ses filles, il décide de l’adapter à des curiosités vivantes : ce seront les premiers « monstres » qui seront la base de ce qui deviendra le Cirque Barnum.

 

Il était tout de même temps qu’Hollywood rende un hommage véritable à ce pionnier du spectacle, véritable visionnaire de ce qui allait devenir le « show à l’Américaine ».

Et il faut avouer que ce n’était pas gagné, les personnages qu’il présentait avaient tendance à rebuter les foules.

Mais son opiniâtreté se voit ici récompensée et on passe 104 minutes formidables avec ces personnages hors du commun (ses vedettes mais lui aussi !).

Depuis les années 2010s, on assiste à un retour en force de la comédie musicale avec des résultats fort réjouissants, comme ce film de Michael Gracey qui donne la vedette à un autre maître du spectacle : Hugh « Wolverine » Jackman. Ce dernier n’est pas seulement une bête assoiffée de sang et il a ,déjà su montrer – dans les Misérables- qu’il savait proposer autre chose qu’un mutant musclé à la force surhumaine, et qu’il savait aussi chanter et un tantinet danser. Certes, il ne chante pas toujours (son docteur le lui avait interdit), mais il n’en demeure pas moins un artiste complet dans la lignée de celui qu’il interprète.

 

De plus, avec le succès (mérité) de Lala Land, Gracey a fait appel à Benj Pasek & Justin Paul qui avaient écrit le livret (c’est comme ça que ça s’appelle, il me semble) de ce film, aidés de John Debney et Joseph Trapan qui signent une partition mêlant avec bonheur les sonorités modernes dans un film « en costumes » (nous sommes au milieu du 19ème siècle).

Bref, c’est une belle réussite où  en plus d’une reconstitution historique, on assiste à quelques réflexions philosophiques inévitables dès qu’on parle des vedettes de Barnum : ces « monstres » furent alors des stars, Phineas mettant au point les bases de ce qu’on appelle aujourd’hui le « show business », et dont les répercussions n’en finiront pas d’émailler le 20ème siècle avec ce qui est – à mon avis, mais je ne crois pas être le seul à le penser – l’un des points d’orgue de l’apport de Barnum au Spectacle (notez la majuscule) : Freaks, de Tod Browning.

Ce film (dont j’ai déjà beaucoup parlé) est complètement dans la vision que Gracey présente de Barnum : Phineas a donné une forme de dignité à ceux qui étaient repoussés sinon chassés voire tués pour leur(s) différence(s). La communauté de Freaks n’est pas éloignée de celle de ce film, où Barnum, par son sens des affaires, sa vision et aussi ses convictions, va créer un statut différent pour ces parias : ils sont des êtres humains à part entière, et qui plus est, les véritables vedettes de ces spectacles gigantesques.

 

J’ai déjà douté ici de la possibilité de la sortie de Freaks de nos jours, le public n’étant pas prêt ni disponible pour voir des « monstres » mener des vies normales.

Ce film me fait penser que j’ai tort.

Et puis de toute façon, le public n’est jamais prêt à voir des choses qui dérangent, alors mainteant ou plus tard...

Mais heureusement Barnum est arrivé et a montré que même si le spectacle semble insoutenable, il y aura toujours des gens pour le voir : des voyeurs, des détraqués, ou plus simplement des humains, qui acceptent les autres pour ce qu’ils sont.

D’autres humains qui n’ont pas obligatoirement eu les mêmes chances au départ.

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