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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tom Tykwer, #Policier
L'Enquête (The International - Tom Tykwer, 2009)

Berlin, Lyon, New York, Istanbul…

Le film porte bien son titre (original) : The International.

Nous sommes ballotés d’un lieu à l’autre pour suivre l’enquête (le titre français donc) de Louis Salinger (Clive Owen), policier d’Interpol, sur la banque multinationale IBBC qui s’intéresse de (trop) près à l’armement léger.

Et malheureusement pour Louis, les enjeux vont beaucoup plus loin que son rayon d’action, à moins de sortir des clous…

 

Ironie du sort, ce film est sorti au moment où une nouvelle crise financière faisait rage, ce qui donnait un peu plus d’actualité à l’intrigue (comme si elle en avait besoin …).

Bien sûr, Clive Owen est impeccable et le voyage qui nous est proposé est fort agréable. Il fait partie de ces acteurs qui, même quand ils n’ont pas le rôle du gentil, ne sont pas tout à fait méchant et gardent la sympathie des spectateurs (1). Et on est d’autant plus de son côté que l’étendue des ramifications de son enquête vont à un moment le pousser sur la touche, ses investigations pouvant entraîner des conséquences graves d’un point de vue politique. Mais en ça, on n’est pas vraiment étonné, quand on voit ce qu’il se passe dans l’actualité, même aujourd’hui. Mais je ne suis pas là pour lancer une polémique.

 

Il est à noter que la première mouture du film, a été jugée un tantinet trop statique et de nouvelles scènes d’action ont été tournées, donnant un peu plus de rythme à l’intrigue. Cet ajout se justifie tout de même du fait du ton réaliste choisi par le scénariste et le réalisateur.

L’enquête que peut mener un agent d’Interpol, comme le rappelle Eleanor Whitman (la belle Naomi Watts) la supérieure de Salinger, n’est pas aussi intense que celle d’un policier normal. La marge de manœuvre est régie par les différents systèmes législatifs des états membres de l’institution.

 

Nous avons alors droit à une fusillade assez impressionnante dans le musée Guggenheim (de New York, bien sûr) d’un réalisme à couper le souffle : les murs et rampes d’accès sont criblés d’impacts, les vitres et autres verreries volent en éclat, et l’immense lustre tombe même sur les assaillants qui étaient en bas. Cette séquence est assez bluffante, jusqu’au moment où on apprend qu’il s’agit d’une réplique exacte qui fut créée dans une zone à l’abandon. Il n’empêche : on y croit !

 

Quant à l’intrigue à proprement parler, elle se tient et n’en devient que plus terrible quand on sait que tout ceci est basé sur une histoire vraie qui s’est passée une vingtaine d’années plus tôt.

Et les méchants – vous savez, ceux qui doivent être réussis pour réussir un film – s’ils n’ont pas tous des armes à la main n’en sont pas moins redoutables pour autant. On a droit à une équipe retorse en diable menée par un banquier en chef – Jonas Skarssen (Ulrich Thomen) – des plus froids (il faut toujours être calme quand on parle d’argent), travaillant en bonne intelligence avec d’autres partenaires tout aussi malintentionnés. Avec en prime la présence de l’acteur allemand Amin Mueller-Stahl, spécialisé dans les rôles de personnages troubles aux manières et discours des plus clames et assurés.

 

Le seul petit élément gênant, c’est le pan italien qui amène des répercussions un tantinet radicales. Mais comme le dit Skarssen (Ulrich Thomsen) : si on l’élimine, une centaine d’autres voudront prendre (et prendront ?) sa place.

Il n’empêche, cette impunité inévitable (?) fait tout de même mauvais genre et la résolution italienne de la situation a au moins le mérite de satisfaire temporairement Salinger, ainsi que le spectateur.

 

On notera aussi que les deux membres du couple Salinger-White ne tombent pas amoureux ni ne couchent ensemble. Si Salinger semble ne jamais dormir et encore moins manger, passant son temps sur son enquête, Whitman a, pour sa part, une vie de famille (un compagnon et un petit garçon).


Certes, ce n’est pas un chef-d’œuvre impérissable, mais je pense qu’il est bon de se pencher sur cette enquête particulière : on y découvrira un pan de l’économie qui ne fait pas souvent la une des médias, et une partie du quartier d’Eminönü, à Istanbul avec un passage dans la Citerne (2) et une incontournable promenade (au pas de course) dans le Grand Bazard.

 

 

  1. Voir Inside Man (Spike Lee, 2006)
  2. Elle n’est ni sous Sainte-Sophie ni sous la mosquée Süleymaniye

 

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