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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Sydney Pollack
L'Interprète (The Interpreter - Sydney Pollack, 2005)

« L’interprète », c’est Sylvia Broome (Nicole Kidman), qui travaille aux Nations Unies (New York). Un soir, elle surprend une conversation qui laisse entendre qu’on va assassiner un chef d’état africain lors de sa venue dans ce lieu prestigieux.

Seulement voilà : Silvia est originaire du même pays d’Afrique (l’imaginaire Matobo qui n’est pas sans rappeler le Zimbabwe), où elle prit les armes dans sa jeunesse contre ce même président. De plus, son frère (Hugo Speer) est resté et continue la lutte. Et comme si cela ne suffisait pas, les autres membres de sa famille sont morts dans l’explosion de l’une des innombrables mines semées par le régime dictatorial en place

Ces dernières informations laissent sceptiques les services secrets américains quant aux motivations de Sylvia…

 

Avec cet avant-dernier film (1), Sidney Pollack renoue avec le thriller, mais mâtiné d’une dimension politique. On retrouve dans le personnage de Sylvia un peu du Condor interprété par Robert Redford trente ans plus tôt (2).

En effet, tout comme Joseph Turner, Sylvia est seule dans un milieu plutôt hostile et sa vie est menacée. Mais alors que Turner ne comprenait pas ce monde qui l’entourait, Sylvia elle sait très bien quels en sont les enjeux.

Alors que dans Les 3 Jours du Condor, le spectateur découvrait avec Turner les manœuvres des services secrets, ici ce sont les services secrets qui découvrent avec le spectateur les différents éléments de l’intrigue, comme une sorte de négatif du film plus ancien.

 

A nouveau, Nicole Kidman interprète une femme forte et déterminée, ici sur fond de crise démocratique et à ses côtés – la plupart du temps en face plutôt que près d’elle (3) – on trouve un Sean Penn tout en nuance, sorte d’inverse de Sylvia : elle est une femme, il est un homme ; elle met à jour un complot, il appartient aux services secrets… Mais ces différences s’estompent à mesure que le film avance : ils sont tous les deux désespérément seuls et se consacrent à leur travail pour ne pas devoir se lamenter sur leur sort. Tous deux portent un deuil terrible et la philosophie du Matobo est d’un grand secours dans leur détresse.

 

Mais ces différents deuils sont un frein à une histoire d’amour qui ne dit jamais son nom : le caractère récent l’empêche de se développer alors que tout semble là pour qu’elle s’épanouisse. On retrouve bien là une des caractéristiques des films de Sidney Pollack dans lesquels les amours sont très souvent compliquées. Outre le Condor, j’ai traité ici de deux autres films qui illustrent bien ce fait : Out of Africa où l’amour naît entre une femme mariée et un aventurier au début du 20ème siècle (ce n’était pas très bien vu…) ; Tootsie où le travestissement était la base des complications, mais ave toutefois une forte dose comique.

 

Ici, rien n’est drôle et on sent présent le souvenir du 11 septembre (4 ans plus tôt), surtout quand un bus est la cible d’un attentat. Il y a dans cette séquence une dimension actuelle double : actuelle quand le film est sorti, rappelant ce qui s’était passé dans cette même ville de New York en 2001, mais actuelle pour nous spectateurs quinze ans plus tard (4) : les médias n’ont cessé de nous montrer nombre de situations similaires des hommes seuls ont pu tuer sans hésiter au nom d’idées politiques ou/et religieuses, faisant d’innombrables victimes, innocentes, hélas.

 

  1. Sidney Pollack mourra trois ans plus tard.
  2. Les 3 Jours du Condor (1975)
  3. « Kepéla » comme on dit en ku, le dialecte du Matobo.
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