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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #James Whale
L'Homme invisible (The invisible Man - James Whale, 1933)

Iping, petit village d'Angleterre.

Un pub retiré - la Tête de Lion - est le pôle social du village. On y joue aux fléchettes, on y discute, on s'y amuse, sous l'œil sévère de la reine Victoria dans son cadre. Même les femmes s'y retrouvent, dans une salle à part. Que faire d'autre avec un temps pareil ? Une tempête de neige sévit dehors.

C'est au moment où tout le monde est bien installé, que la soirée s'avance doucement qu'il apparaît. Le silence s'installe immédiatement, comme quand un méchant entre dans un saloon...

Il porte des lunettes d'alpiniste, un long manteau, des gants, un chapeau et un bandage sur le visage. Malgré son cache-nez, cet appendice proéminent est le seul élément charnel qu'on distingue de lui.

Il recherche le calme. C'est un scientifique. Il a une expérience à terminer.

Mais personne ne le laisse en paix. Même la police vient le déloger. Alors il devient fou : il enlève tous ces vêtements et devient totalement invisible !

A partir de cet instant, la chasse à l'homme commence...

 

Le livre de Wells - dans l'ensemble respecté - devait être adapté au cinéma : quelle gageure que de faire disparaître les gens tout en faisant flotter les objets ! George Méliès en avait rêvé, James Whale l'a fait !

C'est une suite d'effets spéciaux pertinents auxquels nous assistons avec une certaine jubilation : livres qui volent, cigarette qu'on allume et qui se consume (passage un peu obligé), vélo avançant tout seul, traces de pas dans la neige... C'est magique !

Et puis il y a Claude Rains. Malgré son rôle, on ne voit que lui ! On l'entend, certes, mais son habillement est inoubliable, inquiétant au possible. Ce personnage dont on ne voit le visage qu'au dernier instant fut un sacré pari pour Rains : n'être qu'une voix ou à la limite un empilement de vêtement. Pas étonnant que Boris Karloff ait refusé le rôle !

Mais ça a marché, et ce jeune premier de 44 ans a ainsi pu faire le parcours que l'on sait !

L'Homme Invisible, c'est aussi une nouvelle occasion pour James Whale d'aborder le thème de la différence. Situé entre ses deux Frankenstein, ce film narre les déboires d'un homme différent : très (trop) intelligent et sombrant dans la folie suite à l'absorption de substances nocives. Il était pourtant très près de revenir dans le monde normal, mais la pression et l'agitation autour de lui auront raison de sa raison.

Et cette paix - intérieure comme extérieure - qu'il recherche avant tout, il ne la trouvera que dans la mort - magnifiquement filmée - auprès de celle qu'il aimait, la belle Flora (Gloria Stuart).

Filmer la différence était normal pour un être comme James Whale : homosexuel notoire, il vivait cette différence quotidiennement, dans une société qui n'acceptait pas - et qui a toujours du mal à accepter - les amours de les amours de personnes d'un même sexe. Ceci explique aussi pourquoi tous ses «monstres » ont un fond sympathique. On ne peut pas les détester. Ils sont à chaque fois rejetés du fait de leur apparence, et non de leur personnalité.

En fin de compte, si la taulière du pub (Una O'Connor, sempiternelle mégère...) avait pu le laisser en paix, il aurait peut-être réussi et pu retourner auprès des siens.

 

D'un autre côté, s'il redevient normal, il n'y a plus de film !

 

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