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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Phyllida Lloyd, #Biopic
La Dame de fer (The iron Lady - Phyllida Lloyd, 2011)

Décidément, Meryl Streep est vraiment une actrice extraordinaire.

En deux heures moins le quart, elle réussit – et c’est un exploit ! – à presque nous faire aimer Margaret Thatcher.

 

C’est d’abord une vieille dame que nous voyons, à l’épicerie du coin de la rue tenue par une Pakistanaise ou une Indienne. Elle achète du lait et s’étonne du prix.

Rentrée chez elle, cette vieille dame redevient celle qu’elle a toujours été : la femme du XXème siècle, sinon s le monde entier, au moins en Europe.

Mais à quel prix…

 

Je ne vais pas révéler ce prix, il suffit de consulter une encyclopédie ou quelque documentaire télévisé qui le fera mieux que moi.

Non, ce qui m’intéresse, c’est comment Phyllida Lloyd réussit le tour de force de montrer une femme tellement forte qu’on la surnomma « de fer » mais qui reste pendant tout le film une femme.

L’ascension de la jeune Margaret Roberts (Alexandra Roach), sa rencontre avec Denis Thatcher (Harry « Viserys » Lloyd) qui la soutiendra jusqu’au bout et même après.

Bref, c’est une vie qui passe, rappelée à sa protagoniste au hasard des objets, des mots, des situations.

 

Ce n’est pas une critique ou une hagiographie de la femme, mais bel et bien un film qui joue sur l’émotion comme sur l’indignation ou le comique de chaque situation, et cela ne doit en aucun cas être une quelconque apologie. De plus, la mort de MT n’étant intervenue que 2 ans après la sortie du film, il était difficile d’en faire un éloge funèbre.

C’est juste l’histoire d’une femme en inadéquation avec son temps : son élection à Dartford est la première marche qui l’amènera au 10, Downing Street et où chaque événement de sa vie trouve une répercussion dans sa conception de la politique.

 

Et si Meryl Streep est phénoménale dans ce rôle, c’est aussi par l’optique prise par la réalisatrice : MT était unique et l’a toujours revendiquée.

Son arrivée au Parlement est tout à fait caractéristique. En effet, tous les hommes, habillés de sombre, la regarde passer à contrecourant parmi eux, affichant doublement sa différence : elle est femme et habillée de couleur (bleu je suppose, mais je n’en suis pas certain, mon daltonisme m’empêchant de nommer avec précision cette couleur). En plus de cette apparence, deux plans triviaux mais essentiels concernant les commodités s’insèrent brièvement dans la narration : le lieu des hommes ne fait aucun doute sur sa destination première ; celui des femmes nous montre une table et un fer, à repasser tous les deux…

 

Mais ce qui donne à Maggie sa dimension humaine – son action politique ne nous aidait p&as toujours à la cerner – c’est son rapport avec Denis, cet homme qui accepta de jouer les doublures, assumant le rôle qui était d’habitude laissé à la femme. Mais ce Denis est tout aussi incontrôlable en privé que sa femme l’est en public. C’est un homme fantaisiste – dans le bon sens du terme – qui sait lui amener un sourire (n’en demandons pas plus, c’est Thatcher, tout de même), et la ramener un petit peu sur terre. Et avoir choisi Jim Broadbent et son visage d’illuminé fut un très bon choix.

C’est le dernier qui l’abandonnera dans sa croisade ultime autour de la Poll Tax dont on peut voir les effets des manifestations hostiles à son application (1).

 

Ce combat est le combat de trop : pour les Anglais qui refusent un impôt injuste ; et pour le gouvernement qui se sent exclu du pouvoir par cette femme qui a oublié – malgré son intime conviction – qu’elle devait écouter ce peuple qui l’avait élu.

Sa fin inéluctable se solde sur un échec, amenant une démission qui lui évite l’humiliation d’une défait électorale.

 

Le reste, c’est une vie (presque) normale pour une femme totalement atypique, sombrant peu à peu dans une folie, mais pourrait-il en être autrement, pour une telle femme ?

 

 

(1) J’ai assisté personnellement à une de ces manifestations où la « CRS » (Compagnie Royale de Sécurité) a chargé la foule : il est terrible de voir ces gens matraqués pour avoir exprimé leur mécontentement, surtout d’une façon aussi violente et sadique. Ce jour-là, le flegme britannique en a pris un sacré coup, en ce qui me concerne.

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