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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Søren Kragh-Jacobsen
L'Etoile de Robinson (The Island on Bird Street - Søren Kragh-Jacobsen, 1997)

Alex (Jordan Kiziuk) vit dans le ghetto de Varsovie, avec son père (Patrick Bergin) et son oncle Baruch (Jack Warden). Mais le mot d’ordre là-bas, c’est « sélection ». Et tous les jours, les nazis, aidés de kapos juifs emmènent toujours plus de gens hors du ghetto.  Des hommes, des femmes et aussi des enfants. Et quand le ghetto est liquidé, Alex se retrouve seul, persuadé que son père va revenir : il le lui a promis. Mais le temps passe, et le père ne revient pas. Par contre, les soldats allemands reviennent très régulièrement, vidant totalement le ghetto de ses derniers occupants.

Sauf Alex, qui attend.

 

Søren Kragh-Jacobsen est surtout connu (au Danemark) pour son travail pour la télévision. Mais il a aussi réalisé quelques films pour le cinéma, centrant son action autour des enfants, comme c’est le cas ici. Comme dans son précédent film, l’intrigue se passe pendant la Seconde Guerre Mondiale, à hauteur cette fois-ci d’un enfant, abandonné dans le ghetto vide, tel Robinson sur son île (d’où le titre). Comme le héros de DeFoe, Alex va devoir se débrouiller seul, dans un milieu très hostile, n’ayant à sa disposition que ses trouvailles et son esprit. Et Søren Kragh-Jacobsen va mettre en place cette solitude forcée, montrant quelques situations qui vont servir à Alex dans as solitude : sa souris dressée, l’usine de corde dans laquelle travaille son père (et son oncle).

 

Son île : un niveau élevé d’un immeuble en partie détruit, accessible par une échelle de corde, par laquelle il descend pour récupérer de quoi subsister, tel Robinson Crusoé qui récupère dans les débris de son bateau les éléments indispensables à sa survie. Mais si Robinson est désespérément seul, il n’en va pas de même pour Alex qui doit sans cesse éviter les Allemands qui reviennent régulièrement. Sans oublier les Polonais qu’il va visiter hors du ghetto, et surtout un groupe de jeunes garçons, antisémites cela va de soi.

 

Mais Søren Kragh-Jacobsen reste toujours au niveau de son héros, évitant les images chocs qu’on a l’habitude de voir dans les films traitant de la shoah. La violence va donc se manifester de façon très sporadique : un homme qui en poignarde un autre pour lui dérober son bien ; Alex qui tire sur un Allemand pour épargner deux jeunes résistants (?) en passe d’être exécutés. Pour les reste, ce ne sont que des bruits de coup de feu, ou pour son oncle Baruch le résultat d’une autre exécution.

Et jamais il n’ira plus loin, la violence sordide des nazis ne relevant pas du monde de l’enfance.

 

Et ça fonctionne : Jordan Kiziuk est magnifique dans ce rôle et porte avec beaucoup de justesse ce film pas si facile. Et cela est d’autant plus difficile qu’il est la plupart du temps seul : difficile alors de se reposer sur un second rôle : et c’est d’ailleurs quand cela arrive qu’il prend toute sa mesure. Malheureusement, depuis 2009 et un troisième film, on a un tantinet perdu sa trace…

Les seconds rôles, donc, quand ils sont là, sont dans le même ton que le jeune acteur, et en particulier la jeune Sian Nicola Liquorish, qui interprète Stasya, une jeune Polonaise avec qui il aurait pu avoir une histoire d’amour, platonique cela va de soi…

On notera aussi la présence – courte – de Michael Byrne dans un rôle à l’opposé de celui qui l’a fait connaître du monde entier : le Colonel Ernst Vogel dans Indiana Jones et la dernière Croisade. Vous savez, le salaud nazi (pléonasme) qui meurt dans le blindé…

 

Bref, un film qui, sur certains points, annonce Le Pianiste de Polanski, mais qui reste toujours au niveau de son personnage principal, s’adressant alors à tous, les grands comme les petits.

 

 

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