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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Budd Boetticher
Le Tueur s'est évadé (The Killer is loose - Budd Boetticher, 1956)

Leon Poole (Wendell Corey) travaille dans une banque. Mais comme ça ne rapporte pas assez, il organise un hold-up.

Pendant son arrestation, sa femme est tuée accidentellement par l’un des policiers, Sam Wagner (Joseph Cotten).

Poole part en prison avec une seule idée en tête : tuer à son tour la femme de Wagner.

Alors il s’évade.

 

Budd Boetticher n’a pas fait que des westerns, et ce petit film (73 minutes) le prouve. Tout en créant une atmosphère de film noir, il décrit avec justesse des comportements de gens normaux. Le seul signe distinctif, c’est la profession de Wagner et ses collègues : policier. Même Poole, avant son parcours criminel est un personnage plutôt insignifiant. Le genre de type qu’on ne remarque pas, ou dont on se moque facilement. Ce fut d’ailleurs le cas pendant la guerre dans le Pacifique quelques années plus tôt.

 

Mais ce côté ordinaire va tomber quand sa femme sera tuée. En effet, s’il semble accepter de payer pour ce qu’il a fait, il ne trouve pas normal qu’en contrepartie Wagner s’en tire à si bon compte : il se vengera. Mais alors qu’un criminel « ordinaire » (tels qu’on en trouve dans d’autres films) ne vivrait que pour éliminer celui qui a mis fin à son bonheur, lui veut tuer la femme d’icelui : il s’agit pour lui d’un juste retour des choses.

Cet homme insignifiant n’est finalement pas si ordinaire que ça.

 

Ordinaire. C’est surtout dans ce sens que le film de Boetticher est intéressant. En effet, les personnages n’ont rien de particulier, ils vivent ce que vit la majorité des familles américaines de 1955 (année du tournage). Quand Wagner, réveillé en pleine nuit, se lève, il songe avant tout à se restaurer avant de partir. Et quand ses collègues arrivent, leur premier réflexe est de profiter du café qui passe (et du reste d’ailleurs, Wagner n’ayant plus le temps).

De la même façon, quand Lila (Rhonda Fleming) – la femme de Wagner – va chez des amis, le fils de ces derniers est absorbé par la télévision (article courant à cette période) et sa mère (Dee J. Thompson) doit le reprendre comme le font des millions d’Américaines à travers le pays.

 

Si Joseph Cotten interprète un policier convaincant, c’est Wendell Corey qui tire son épingle du jeu. Cantonné dans des seconds rôles, il exprime ici pleinement son talent : il est un tueur occasionnel* terrible, rempli de sang-froid, et donc implacable. Il ne tue que par nécessité, parce qu’il ne peut pas faire autrement. C’est ça qui le rend d’autant plus dangereux.

C’est un homme que la mort de sa femme a rendu fou, au sens propre du terme. Mais si les fous criminels sont souvent spectaculaires, lui ne l’est pas. C’est un homme très bien organisé et qui, de par son physique ordinaire, est difficilement repérable. Et Lila, se sachant menacée, croit voir ce meurtrier dans n’importe quel homme qui lui ressemble de près ou de loin.

Arrive alors un final – spectaculaire, mais c’est le seul moment du film, finalement – où la tension ne fait que monter, amenant un beau suspense rempli de fausses pistes afin de tenir en haleine le spectateur.

 

C’est un film à part, dans la carrière du réalisateur comme dans cette catégorie : Boetticher réussit à tirer d’une situation plutôt ordinaire une intrigue extra-ordinaire.

A (re)découvrir.

 

 

 

 

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