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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sport, #Robert Redford
La Légende de Bagger Vance (The Legend of Bagger Vance - Robert Redford, 2000)

Hardy Greaves (Jack Lemmon) est un joueur de golf invétéré. Son ambition : jouer jusqu’au bout. Et il y est presque arrivé. Cinq fois. Cinq fois il a eu un infarctus qu’il a laissé passé avant de reprendre le parcours.

Et quel parcours !

Tout commence à Savannah (Géorgie) où la star locale est Rannulph Junuh (Matt Damon), mais avec la grande Guerre, ses illusions s’en vont, avec son swing.

Qu’importe, pour le petit Hardy Greaves (J. Michael Moncrief), il est son idole, son modèle.

Alors quand la crise de 1929 fait rage et qu’Adele Invergordon (Charlize Theron), la fille du propriétaire du golf de Savannah décide d’un immense coup de pub pour son site en invitant les deux plus grands golfeurs de l’époque, le troisième participant ne peut être qu’un petit gars de Savannah : Rannulph Junuh.

Mais ce dernier a perdu son swing, alors comment gagner ?

Heureusement passe par là un vagabond comme on en croisait beaucoup à cette période de disette. Mais ce vagabond n’est pas n’importe qui : il s’appelle Bagger Vance (Will Smith), et il est caddie.

Ca tombe plutôt bien, non ?

 

Evacuons tout de suite : il s’agit du dernier film de Jack « Daphne » Lemmon. Mais ce n’est pas lui qui nous intéresse ici, même si son rôle est tout de même important (il est le narrateur).

Non, celui qui nous intéresse, c’est ce drôle de caddie venu de nulle part – et qui y retourne – véritable catalyseur dans le retour à la vie de Junuh.

Parce que Bagger Vance est un passeur. C’est lui qui passe les clubs, mais aussi qui permet aux personnes qu’il côtoie de grandir et de devenir meilleures.

Eh oui, cette vieille idée de rédemption qui ne quitte pas le cinéma américain…

Et le parcours de golf devient alors parcours initiatique avec le salut au bout, ou tout au moins la victoire, l’objectif final des différents joueurs.

 

Et bien sûr, ici, la victoire finale n’est pas l’enjeu, mais bine la vie de Junuh, en lambeaux depuis son retour du front, dix ans après la fin du conflit : il faut dire que revenir sain et sauf et surtout seul survivant d’une compagnie a tendance à désorienter même un esprit sain.

Nous allons donc assister au retour graduel de Junuh, vers cette vie qu’il n’aurait jamais dû quitter, mais vous savez ce que c’est : on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie…

Alors on suit avec plaisir ce retour à la vie, sur fond de compétition de golf, et on savoure avec gourmandise les différentes interventions de ce caddie bien singulier, qui a en plus la particularité d’être noir, et ce en plein dans ce Sud fier et farouche où la défaite de 1865 (1) à laquelle il est fait référence plusieurs fois dans le film.

Mais qu’importe, Robert Redford gomme cette différence et resserre son intrigue autour du jeu, le racisme ambiant du Sud (2) étant mis de côté dans ce film qui n’est pas un pamphlet, même s’il reste une leçon de vie.

Sans oublier l’aspect comédie – i.e. : qui se termine bien – qui enveloppe le film de bout en bout, et ce malgré les incursions tragiques qui frappent les différents personnages.

 

Bref, c’est un beau film plein de bons sentiments – on peut donc faire de beaux films avec – qui nous est offert, et ce à travers les yeux d’un enfant – le jeune J. Michael Moncrief interprétant avec bonheur ce jeune garçon qui a la chance de pouvoir vivre sa passion. De plus, les autres interprètes – Will Smith en tête – sont eux aussi à la hauteur du challenge et on se laisse emporter par cette intrigue positive, émaillée d’images très belles autour d’un sport qui ne m’a pourtant jamais beaucoup attiré.

Un film généreux.

Normal, c’est un acteur qui le réalise…

 

  1. La Guerre de Sécession…
  2. La ségrégation ne sera abandonnée qu’une trentaine d’années plus tard avec les mouvements pour les droits civiques.
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