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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Mary Pickford, #Alfred E. Green
Le petit Lord Fauntleroy (The little Lord Fauntleroy - Alfred E. Green, 1921)

A New York, Cedric Errol (Mary Pickford) vivote avec Dearest (Mary Pickford), sa mère, entourés de ses amis Hobbs (James A. Marcus) l’épicier, Mrs McGinty (Kate Price) la vendeuse de pomme et Dick (Fred Malatesta), le cireur de chaussures.

Pendant ce temps, en Angleterre, le vieux Lord Dorincourt (Claude Dillingwater) enterre son fils alcoolique suite à une chute de cheval.

Ces deux histoires semblent sans lien apparent, et pourtant...
Le père de Cedric n'est autre que le deuxième fils de Lord Dorincourt, avec qui il était brouillé suite à son mariage.
Voilà donc Cedric Lord Fauntleroy.

 

Dès le premier intertitre, on nous dévoile le principal intérêt du film: grâce à la caméra, Mary Pickford va pouvoir interpréter simultanément deux rôles. Dès lors, nous n'avons de cesse de vouloir admirer cette curiosité.
Et le résultat est là: Mary Pickford donne la réplique à Mary Pickford avec beaucoup de naturel. Et pas qu'une seule fois. Et comble de la prouesse, le fils embrasse sa mère sur la joue!
Pour le reste, Alfred E. Green utilise avec brio la double exposition (on tourne deux fois une scène sur la même pellicule afin d'avoir deux fois une même personne), la scène du baiser en étant le point culminant (il a fallu 15 heures de shooting pour trois secondes !).

 

Bien entendu, c’est un film sur mesure pour Mary Pickford. Elle reprend – comme de bien entendu – un rôle d’enfant, mais complète avec celui de la mère. Après Le Signal de l’amour cette même année, elle interprète à nouveau un personnage plus en rapport avec son âge (29 ans à sa sortie).

Mais, et c’est aussi pour ça que j’aime Mary Pickford (et je ne crois pas être le seul…) elle nous campe un petit Lord magnifique. Une fois mis de côté l’aspect très féminin du jeune Cedric, on apprécie beaucoup son côté frais et naturel qui va faire fondre le vieux Lord et renouveler cet univers vieillot. Pas d’espièglerie comme on en a un peu l’habitude. Mais tout de même une belle bagarre avec un prétendant au titre (Francis Marion) qui était venu réclamer son « dû » avec sa mère Minna (Rose Dione).

 

Certes, cette histoire est pleine de bon sentiments, mais qu’est-ce que ça peut faire ? ON prend beaucoup de plaisir à suivre cette histoire improbable, et on s’émerveille devant la prouesse accomplie.

Cette prouesse est couplée à un montage très précis où on passe facilement d’un plan avec deux Mary Pickford à un autre plan où on voit l’une des deux de dos, avec, vous l’avez deviné, une doublure. Tout n’est qu’illusion, comme l’avait si bien compris Méliès.

Une autre scène, d’ailleurs, mérite notre attention : William Havisham (Joseph J. Dowling), l’avoué de Lord Dorincourt rencontre Cedric et sa mère. On voit ces deux derniers de face, d’où double exposition obligatoire, mais en plus, Dowling doit jouer comme s’il avait deux personnages avec lui.

 

Cinq ans plus tard, Green réutilisera cette technique dans Ella Cinders quand Colleen Moore-Ella « entraîne » ses yeux…

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