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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Darryl Zanuck, #John Wayne, #Guerre
Le Jour le plus long (The longest Day - Darryl F. Zanuck & Co, 1962)

Grandiose.

C’est film absolument gigantesque, une épopée comme seul le cinéma sait nous proposer.

Un film qui aurait coûté plus cher que le Débarquement lui-même (1), avec une pléiade de stars américaines, françaises et allemandes.

La possibilité que nous donne la vidéo permet maintenant de voir les différentes parties dans la langue, évitant les accents pas toujours heureux des doublages d’antan…

 

Bien sûr, ce film est long (près de trois heures) mais il faut dire que le sujet en valait la peine : le dernier tournant de la deuxième Guerre mondiale, ouverture du second front tant attendu par Staline qui refoulait alors les Allemands de chez lui.

De plus, les conseillers militaires – qui apparaissent à travers des acteurs, ils n’étaient plus tout jeunes – sont pour beaucoup de véritables vétéran de cette opération, donnant à ce film une connotation réaliste ou plutôt authentique.

 

Parce que question réalisme, les scènes en incrustation ont fait long feu. En effet, la restauration puis la ressortie en Blu-ray ont donné un grand coup de vieux au film. La définition étant tellement belle qu’on ne peut pas ignorer ces imperfections : Robert Mitchum (Général Cota) sur une barge qui encourage ses hommes ; mais surtout Rommel (Werner Hinz) inspectant les plages est terrible. A un moment, on se demande s’ils n’ont pas oublié de le remettre sur l’image : il parle et nous voyons des vagues puis tout à coup il réapparaît…

 

Pour le reste, c’est du solide. Mis à part la toute première séquence qui voit un homme courir puis se faire abattre par un Allemand. On comprend qu’il s’agit d’un résistant et qu’il transporte des papiers concernant le Débarquement imminent. D’ailleurs, le soldat allemand qui l’abat est avant tout un Nazi, comme on peut le voir sur son col. N’oublions pas que nous étions en 1962 et que les Allemands n’étaient plus des ennemis. Si le conflit armé ne peut pas montrer autre chose que les Alliés combattant les Allemands, autant laisser la responsabilité de l’exécution aux salauds nazis.

 

Si ce film est depuis une référence, on ne peut lui objecter de donner une image positive de la guerre.

En effet, le noir et blanc de rigueur permet d’y intégrer plus facilement des images d’archives sans avoir à les coloriser (pouah !) comme il fut un temps le cas.

Mais ce noir et blanc donne une distance et un recul qui ne rendent pas vraiment la véritable dimension de la guerre. : il s’agit avant tout d’un massacre généralisé qui se justifie dans des considérations pas toujours claires mais qui se rapportent la plupart du temps à des histoires géopolitiques et/ou financières.

J’ai du mal à entendre l’expression « guerre juste » tant ces deux termes sont antithétiques.

 

Toujours est-il qu’il faudra attendre plus de trente-cinq ans (36 pour être plus précis) avant d’avoir une reconstitution authentique mais surtout réaliste de ce que fut ce Débarquement, et comment Omaha Beach fut loin d’être une promenade de santé : Il faut sauver le Soldat Ryan. Encore une fois : merci monsieur Spielberg.

Mais surtout, cette deuxième version évite le principal souci des superproductions internationales avec flopée de stars : on n’est pas en train de se dire : « tiens, c’est Untel ! Tiens, il est là lui aussi… »

 

Mais il faut tout de même reconnaître le côté didactique du film, mettant en scène jusqu’au moindre détail les différents événements de cette journée particulière et ses préparatifs : l’attente interminable, la peur de la mort chez certains soldats, mais aussi le sédatif d’Hitler qui fait dire à Jodl qu’il ne peut pas être dérangé…

 

Et au milieu de tout cela, on trouve quelques scènes assez étonnantes voire surréalistes : les bonnes sœurs menées par la mère supérieure (Madeleine Renaud) qui viennent secourir les blessés de Kieffer (Christian Marquand) ou encore le soldat allemand qui enfile précipitamment ses bottes et les met à l’envers. Sans oublier la patrouille allemande que rencontrent les égarés de la 101ème parachutée, distraits par un avion de passage qui les empêche de réaliser qu’ils viennent de croiser des ennemis…

 

Alors on regarde, comme on va à un rendez-vous avec une vieille connaissance, mais ce qui a pu nous émerveillé quand nous étions petits a tout de même bien perdu de son éclat. On le revoit comme on revoit tous ces films un peu anciens et qui nous rappellent des souvenirs passés.

 

Et on est toujours étonné de voir des généraux en première ligne…

 

 

(1) Il faut dire que le général Eisenhower (Henry Grace dans le film) ne touchait pas le même cachet que John Wayne !

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