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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #Science-Fiction, #Richard Attenborough
Le Monde perdu : Jurassic Park (The lost World: Jurassic Park - Steven Spielberg, 1997)

Quatre ans ont passé.

John Hammond (Richard Attenborough) suite à l’expérience précédente a été remplacé par son neveu Peter Ludlow (Arliss Howard), mais c’est bien la seule chose qui a changé : les dinosaures sont toujours là, et plus redoutables que jamais.

 

Le premier Monde perdu (d’après Arthur Conan Doyle) c’est celui d’Harry O. Hoyt, réalisé en 1925 avec la belle Bessie Love et l’imposant Wallace Beery.

Pas étonnant que Spielberg lui ait emprunté ce titre : il y avait déjà des dinosaures dans ce « monde perdu ».

Mais si ceux de 1925 fleurait bon le carton-pâte, ceux de 1997 sont tout ce qu’il y a de réel. Pour les personnages du film.

A nouveau, Spielberg nous propose son bestiaire tout droit sorti du Crétacé avec en prime de nouvelles espèces : stégosaures (avec la queue à pointes) et diplodocus, sans oublier quelques ptéranodons (1) qui apparaissent tardivement.

 

Mais si le premier film avait un côté bon enfant, celui-ci est beaucoup plus grave et certainement plus violent. Il faut dire aussi que les effets numériques étaient en pleine expansion, et encore une fois, Spielberg les utilise avec pertinence : au service de l’intrigue et non le contraire.

Si le film fait référence au film de Hoyt (2), le film ne s’arrête pas à celui-ci. L’autre grande référence est bien entendu le King Kong de Cooper & Schoedsack (3), et pas seulement à cause d’un immense portail. On retrouve avec la double expédition Harding-Ludlow, celle de Carl Denham dans le film de 1933 : d’un côté l’aspect documentaire avec Sarah Harding (Julianne Moore) et ses collaborateurs ; de l’autre les mercantiles avec Ludlow et sa clique, venus se servir dans un vivier afin de créer un nouveau parc d’attractions, bien entendu mieux conçu que celui du vieux Hammond.

Et puis il y a Roland Tembo (Pete Postlethwaite qui est aussi dans Amistad cette même année). Tembo est le pendant de Robert Muldoon (Bob Peck) dans Jurassic Park : mais si Muldoon était un chasseur chargé de veiller au bon déroulement du parc, Tembo, lui, est un véritable chasseur venu traquer l’ultime gibier qui manquait à son tableau (de chasse…) : un T. Rex.

 

Parce que bien sûr, les T. Rex sont là : ils sont deux et ils pont un petit : un t. Rex, quoi. Et comme Ludlow – et aussi Tembo – en veulent à leur bébé, les choses dégénèrent et on assiste à des carnages autrement plus impressionnants que quatre ans plus tôt.

Vous l’avez compris, la T. Rex remplace notre gorille préféré (le mien, en tout cas), et nous avons droit à une course poursuite dans San Diego (moins de buildings, mais vu que les tyrannosaures avaient de petites pattes antérieures, ce n’est pas plus mal) qui se termine pour le mieux, sauf pour le méchant Ludlow, mais c’est bien de sa faute, après tout.

La séquence de San Diego est aussi l’occasion de faire un clin d’œil à Godzilla (2) où on peut voir quelques personnes d’origine asiatiques s’enfuyant devant le monstre déchaîné.

 

Mais comme cette fois, Alan Grant (Sam Neill) et Ellie Sattler (Laura Dern) ne sont pas là (5), il faut quelqu’un pour reprendre le rôle du grand enfant. C’est la première transition (voir ci-dessous) qui nous le donne : le professeur Ian Malcolm (Jeff Goldblum). [Rappel : une expérience scientifique qui tourne mal : Jeff Goldblum est par là…].

La force de Goldblum, par rapport à Neill, c’est avant tout sa taille. Il donne tout de suite l’impression d’un grand échalas, comme peuvent l’être certains ados de notre connaissance (on en connaît tous un). Encore une fois, nous avons donc quelqu’un qui semble appartenir au monde des adultes mais qui est resté bloqué en chemin. Si Grant met pratiquement tout le film pour s’en apercevoir, Malcolm est plus prompt à réagir et se comporter tel qu’il aurait toujours dû le faire. Le plan final qui voit Sarah, Malcolm et Kelly (Vanessa Lee Chester, tout en souplesse) n’a alors rien d’étonnant.

 

Il y a dans le film tout un accent particulier mis sur les transitions : la première voit une femme commencer à crier et se terminer sur Malcolm qui baille, et ainsi de suite. C’est un véritable festival de transitions qui tiennent lieu d’ellipses. Bref, rien n’est gratuit. C’est normal, on est chez Spielberg.

Rien ? Pas si sûr. Le premier quart d’heure a un côté mercantile assez insupportable : alors que le film s’installe tranquillement, nous avons droit à du placement de produits on ne peut plus désagréable. Ce fut cet aspect qui m’empêcha d’apprécier ce film à sa juste valeur. Avec le temps et la généralisation de cet « effet », on en arrive presque à l’oublier (pas complètement, faut pas exagérer non plus !).

 

Une question pour finir : n’y a-t-il que moi qui vois dans Roland Tembo (le chasseur) un cousin éloigné (en plus intéressant tout de même) de Justin de Saint-Hubert dans Adèle et la bête de Tardi ?

 

 

  1. Que vous n’avez pas confondus avec les ptérodactyles, bien entendu…
  2. Ou celui d’Irwin Allen (1960), chacun ses goûts.
  3. Le seul, le vrai ! (les cris de Fay Wray en moins)
  4. La seule, la vraie ! (1954)
  5. S’occupent-ils de leurs enfants ? En ont-ils eus ?
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