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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Burton L. King, #Aventures
L'Homme du passé (The Man from beyond - Burton L. King, 1922)

Deux aventuriers sur la banquise : un chercheur – le docteur Gregory Sinclair (Erwin Connelly) et le mercenaire (1) François Duval (Frank Montgomery) découvre un navire prisonnier des glaces sur lequel un homme est lui aussi emprisonné par la glace.

Il s’appelle Howard Hillary (Harry Houdini) et a vécu un siècle plus tôt.

Sinclair ramène l’homme chez lui, en attendant de le montrer au reste du monde.

 

Harry Houdini était l’un des plus grands magiciens de sa générations (si ce n’était le plus grand) et on a un peu oublié qu’il a aussi tourné dans quelques films. Celui-ci est l’avant dernier dans lequel il apparaît, le voit aussi crédité du scénario et de la production.

Il réalisera le suivant (1923) avant de s’éteindre en 1926 suite à une rupture de l’appendice…

 

Si Houdini était un formidable roi de l’évasion, il n’était pas vraiment un grand professionnel du cinéma. Le film, réalisé par Burton L. King, un obscur metteur en scène qui a produit la majeure partie de ses films dans les années 1910s, est avant tout taillé sur mesure pour le magicien. Et bien sûr, nous avons le droit à une évasion, d’un asile d’aliéné où le personnage fut enfermé.

Le film est tellement centré sur le personnage de Hillary (2) que l’intrigue en devient complètement invraisemblable.

En effet, non seulement il sort d’un sommeil glaciaire d’un siècle, mais il se promène avec juste une écharpe en guise de slip sur la banquise, sans ressentir une quelconque gêne due au froid. Sans oublier qu’il va sauver une jeune femme d’une chute fatale du haut d’une cascade (3) !

 

Non, trop, c’est trop, et on ne peut pas regarder ce film sans se poser quelques questions inhérentes à la crédibilité de l’intrigue.

En effet, Hillary annonce à la jeune Felice (Jane Connelly, la femme de) qu’une seule année s’est passée depuis son voyage qui l’emprisonna dans la glace et qu’il se croit toujours dans les années 1820s…

Et là, la véritable limite du scénario est franchie : non seulement il n’est pas étonné des voitures (à essence, évidemment) qui le transportent d’un lieu à l’autre, mais en plus il retrouve son chemin sans aucune hésitation.

 

Alors non, je ne marche pas. C’est un peu trop pour un esprit cartésien comme le mien, et malgré le postulat inhérent au cinéma comme quoi tout est possible.

Si encore il y avait un peu d’humour dans ces péripéties, mais non, encore une fois.

Mais ce qui me gêne le plus, c’est peut-être le léger prosélytisme de Houdini vis-à-vis du spiritisme.

Certes, ce dernier était un ardent pourfendeur des parapsychologues et autres charlatans, mais c’était aussi dans l’espoir d’en trouver un véritable et qui étaierait sa croyance en la réincarnation.

 

Dommage, alors. On aurait pu avoir un film drôle avec un personnage complètement décalé, persuadé de toujours vivre dans son siècle.

Ce film viendra, bien sûr, mais plus tard, et pas en Amérique : Hibernatus (Edouard Molinaro, 1969)

 

  1. Disons qu’il se met au service du plus offrant.
  2. Chacun des personnages interprétés par Houdini possède les mêmes initiales que les siennes : H.H.
  3. Excusez du peu : Les Chutes du Niagara.
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