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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Suspense, #Alfred Hitchcock
L'Homme qui en savait trop (The Man who knew too much -Alfred Hitchcock, 1934)

Jill & Bob Lawrence (Edna Best & Leslie « Zaroff » Banks) sont à Saint Moritz avec leur fille Betty (Nova Philbeam). Jill (Edna Best, donc) y participe à un concours de tir aux pigeons (d’argile). Il y a aussi un concours de ski où un ami des Lawrence fait une descente remarque, Louis Bernard (Pierre Fresnay).

Plus tard dans la soirée, Bernard est tué et laisse un message étrange à Jill : il était agent secret et quelque chose de terrible se tramait. Mais Jill et Bob n’ont pas le temps d’avertir qui que ce soit : leur fille est enlevée et ne leur sera rendue vivante que s’ils se taisent…

 

Après le terrible Chant du Danube (Waltzes from Vienna), Hitchcock est de retour dans son domaine de prédilection : le suspense. Et malgré l’acharnement du producteur C.M. Woolf qui n’aimait pas le film, Hitchcock non seulement s’en tire magnifiquement, mais en plus le film fut un succès (mérité). Il faut dire que le grand Alfred fait montre ici d’une grande maîtrise, utilisant les différents éléments qui font son cinéma : des mouvements de caméra, détails pertinents et bien sûr, une héroïne blonde.

De plus, on y découvre un méchant plutôt réussi : Abbott (Peter Lorre) avec cicatrice et mèche de cheveux blancs. Et ce méchant est d’autant plus réussi que Lorre ne parlait pas vraiment l’anglais, ayant appris une version phonétique de son rôle. Et grâce à lui, Hitchcock confirme que la réussite du méchant entraîne celle du film. Mais Abbott ne suffit pas, puisqu’il lui a été adjoint quelques acolytes dont Ramon Levine (Frank Vosper), champion du concours de tir face à Jill.

 

Et ce concours de tir, qui ne semble qu’anecdotique va devenir la séquence primordiale du film. Non seulement on y rencontre tous les protagonistes importants, mais en plus, se met en place toute l’intrigue criminelle qui commencera par l’assassinat de Bernard et se terminera par l’exécution du même Abbott, après l’attentat raté contre un dignitaire étranger (Arnold Lucy), par le même Ramon Levine.

En effet, l’accident de Bernard (il tombe pour éviter la jeune Betty) va mettre ce dernier en contact avec Abbott qui le reconnaîtra, et par conséquent le fera abattre (on devine alors par qui), amenant cette famille sans histoire dans un complot de dimension internationale.

Ce concours va aussi permettre la résolution finale : le sauvetage de la jeune Betty. Sa mère, qui est donc une championne de tir – elle perd à cause d’Abbott – sera à même d’atteindre celui qui menace sa fille sans toucher cette dernière.

Et que fait Abbott pour déconcentrer Jill ? Sa montre va sonner, amenant Jill à décaler sensiblement sa visée et manquer le projectile. Ce manqué annonce celui de Levine au Royal Albert Hall : elle va crier pendant le soupir (1) qui précède le coup de cymbales, faisant dévier à son tour le tir de Levine.

On peut alors dire que la montre d’Abbott est le mcguffin (2) du film : outre ces deux utilisations pertinentes, c’est elle qui permettra à la police de débusquer définitivement ce répugnant personnage, sonnant au mauvais moment et le révélant alors aux policiers.

 

Et Hitchcock ?

Il faut de bons yeux, mais surtout savoir que c’est lui : après la demi-heure du film, Bob sort de chez un dentiste accompagné de Clive (Hugh Wakefield), et parmi les personnes qu’ils croisent, on trouve un (gros) homme dans un manteau de pluie. On devine plus qu’on ne voit qu’il s’agit d’Hitchcock…

 

  1. Un temps de silence.
  2. Non, celui-ci ne sert pas non plus à chasser les lions dans les montagnes d’Ecosse.
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