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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Politique, #Guerre, #Jonathan Demme
Un Crime dans la tête (The Manchurian Candidate - Jonathan Demme, 2004)

Koweït, 1991.

Une équipe de soldats américains est pris dans une embuscade. Le capitaine Marco (Denzel Washington) est touché, c’est alors le sergent Shaw (Liev Schreiber) qui prend le commandement est suave la mission héroïquement, ne déplorant que deux victimes.

Quelques années plus tard, Shaw se présente à la vice-présidence, avec comme palmarès le siège au Congrès où il a remplacé son père, et son action d’éclat au Koweït.

Mais que s’est-il donc bien passé lors de cette embuscade ?

 

C’est (encore) un film brillant que nous propose Jonathan Demme, remake de celui de Frankenheimer (1962), Denzel Washington remplaçant Frank Sinatra (1) dans le rôle de ce soldat qui doute.

Le film est brillant pour son intrigue, mais en cela, il ne diffère pas beaucoup du premier, et aussi pour son actualisation : c’est une mise à jour fort crédible, puisqu’il y est plus question d’argent que d’idéologie, n’en déplaise à ce que pense Eleanor Prentiss Shaw (Meryl Streep).

La guerre de Corée a été remplacée par celle du Golfe (2), qui était alors la nouvelle source de névroses des soldats américains. De plus, le groupe Manchurian Global remplace avantageusement la menace communiste dorénavant obsolète : on y trouve ainsi quelques bribes complotistes ou conspirationnistes bienvenues, sans toutefois la part qu’y joue l’état dans les élucubrations à ce propos.

 

Ce film est avant tout une histoire de point de vue. A de très nombreuses reprises, Demme utilise la caméra subjective pour nous plonger au cœur de l’action et surtout nous permettre un peu d’éprouver les sensations et les angoisses des deux ex-guerriers.

Washington et Schreiber sont d’ailleurs très convaincants dans leur rôle, amenant progressivement une tension palpable, appuyée par le rôle central que joue la mère de Ray.

D’ailleurs, la relation entre la mère et le fils va au-delà de l’affection naturelle : c’est une étape précédant l’inceste qu’elle fait vivre à son fils complètement désorienté.

 

Si la cadre est au goût du jour – la Guerre Froide est (presque) terminée – on n’en demeure pas moins à une intrigue manichéenne où Manchurian Global et ses agents représentent la menace qui risque de détruire les Etats-Unis en mettant à leur tête un de leurs pions. Un coup d’état en douceur, la finance prenant le pas sur le politique. (3) Nous pouvons presque parler de totalitarisme tant on nous présente la mère de Ray comme une femme aux positions très réactionnaires, et dont le mot d’ordre est la Sécurité, d’autant plus qu’elle se présente en croyante de ce système, et non en financière : d’une certaine façon, cette femme est une fanatique.

 

Et toute cette machination est magnifiquement rendue, et en particulier les scènes de lavage de cerveau, d’une haute intensité et surtout pleinement angoissantes. Ce qui n’était que des bribes d’un cauchemar devient une terrible entreprise de contrôle de la volonté. Il est bien difficile pour Marco de mettre en lumière cette opération tant les ramifications sont bien implantées et interfèrent avec d’autres organismes plus ou moins publics relevant aussi de la Défense. Bref, un magnifique complot, mais sans le complotisme : nous sommes avant tout au cinéma, et il ne faut certainement pas chercher à transposer cela dans la vie réelle.

 

Et comme toujours dans ces cas-là (4), c’est un grain de sable qui s’introduit dans l’engrenage : un petit fait de rien du tout, mais qui va prendre des proportions phénoménales et réduire à néant une machination extrêmement adroite, mais surtout meurtrière et immorale. Cette poussière porteuse de grand désordre a un nom : le facteur humain.

 

  1. Tina, sa fille, est d’ailleurs une des productrices.
  2. La première, celle de 1991.
  3. Bien sûr, c’est totalement illogique : comme si un banquier pouvait devenir Président de la République… (rire sardonique).
  4. Au cinéma.
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