Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cape & épée, #Fred Niblo, #Douglas Fairbanks
Le Signe de Zorro (The Mark of Zorro - Fred Niblo, 1920)

Ca court, ça saute, ça brette : pas de doute, il s’agit d’un film avec Douglas Fairbanks.

C’est d’ailleurs à se demander si ce personnage de justicier masqué n’a pas été écrit spécialement pour lui !

En effet, le court roman de Johnston McCulley est paru l’année précédente, et nous pouvons donc voir ici la toute première adaptation, et donc apparition de Zorro ! (1)

Et c’est à Fred Niblo qu’échoit le rôle de metteur en scène où Douglas Fairbanks est, comme à son habitude, le géant de l’écran.

Près de cent ans plus tard, et de nombreuses adaptations, on ne se lasse pas de voir le grand Douglas interpréter ce rôle double (Diego Vega/Zorro), alors totalement inconnu sauf des lecteurs du All Story Weekly qui publia le roman sous forme de feuilleton.

Sans oublier certaines réminiscences qu’on retrouve dans d’autres films : The Princess Bride (Wesley est habillé exactement pareil que Zorro) ou The Artist où une séquence est carrément insérée dans le film (1).

 

Nous sommes donc en Californie au temps de l’occupation espagnole (début XIXème siècle) et la ville de Capistrano voit les opprimés vengés par un bandit de grand chemin qui se fait appeler Zorro (2). Dans le même temps, le jeune Diego Vega est revenu d’Espagne. Mais si Zorro est intrépide et très courageux, Diego est mou et un tantinet paresseux, le moindre déplacement le fatiguant.

S’ajoute à cela un gouverneur cruel (George Periolat) et son homme de main le capitaine Ramon (Robert McKim), la jeune Lolita Pulido (Marguerite De La Motte) qui aime Zorro et méprise Diego ; le sergent Gonzales (Noah Berry qui fait ses débuts au cinéma), matamore et videur de verres (qu’il casse ensuite), prêt à affronter Zorro, mais de loin.

Bref, tout est là pour passer un bon moment.

 

Bien sûr, c’est une intrigue taillée sur mesure pour Douglas Fairbanks : normal, il a écrit le scénario avec Eugene Miller (2). Et comme en plus, il est le producteur… On n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Si le début est un peu lent, du fait de l’abondance d’intertitres pour nous décrire le contexte, l’action se met vite en place et très rapidement, nous avons quelques bons moments.

L’apparition du sergent Gonzales est un bon moment comique, surtout quand après sa diatribe, Zorro apparaît : c’est un sourire sous un chapeau noir, puis un cigarillo qui fume, et enfin, c’est le visage masqué tant attendu.

Cette scène amène le premier duel qui voit Zorro marquer son adversaire – beaucoup moins courageux, tout d’un coup – à un endroit judicieux.

 

Mais si Zorro est un modèle de courage et de justice, je préfère tout autant l’interprétation de Diego par Fairbanks. C’est un magnifique négatif du héros, plus intéressé par son foulard avec lequel il ennuie tout le monde en réalisant des tours, que par la situation politique.

Cette personnalité ô combien ridicule participe au comique du film. Parce qu’à aucun moment, on se pose des questions sur l’authenticité d’un tel justicier masqué (3).

On savoure avec gourmandise cet épisode des aventures de Douglas Fairbanks, qui en plus de nous ravir, pose les bases d’une des plus grandes légendes de la culture populaire.

 

Cinq ans plus tard, Donald Crisp en fera une suite avec le même Douglas Fairbanks.

Mais, bien sûr, ceci est une autre histoire…

 

 

PS : parmi les petits rôles, on retrouve Snitz Edwards, reconnaissable à sa petite taille et son rôle d’aubergiste peu courageux.

 

  1. Il s’agit de la dernière poursuite qui amène le duel final (etc.)
  2. « Le renard », d’où l’ombre de l’animal dans le générique de la série avec Guy Williams (1957-1961). A ce propos, Fairbanks, alors qu’il est Diego, s’amuse à faire des ombres chinoises.
  3. C’est normal, on est au cinéma !
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog