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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Charles Brabin, #Boris Karloff
Le Masque d'or (The Mask of Fu Manchu - Charles Brabin, 1932)Horr

Rendez-vous compte : Boris Karloff, Myrna Loy et Lewis Stone sur la même affiche ! On se prend à rêver.

Boris Karloff est Fu Manchu : docteur en philosophie, droit et mathématiques, bref, une grosse tête. En digne héritier de Lon Chaney, Boris Karloff s'est fait une magnifique tête de méchant. Parce que Fu Manchu est un sacré méchant. Il recherche le sabre et le masque d'or (d'où le titre français) de Gengis Khan, afin de lever une armée pour chasser les envahisseurs (les Anglais, surtout) de son pays.

Myrna Loy est Fah Lo See, la fille de Fu Manchu. C'est une beauté asiatique aux yeux clairs (?). Elle est bien comme son père : sa cruauté est aussi grande que sa beauté.
Fu Manchu est l'archétype de l'Asiatique tel qu'on le représentait dans l'imaginaire populaire : yeux bridés, sourcils montant en pointe, moustache longue et fine tombante, ongles longs à certains doigts (index et majeur), le tout dans un habit de lumière. Et comme les stéréotypes ont la vie dure, il est en outre doté d'un esprit sadique confinant au raffinement. Bref : un méchant distingué dans ses manières comme dans sa cruauté.
En face de lui, Lewis Stone est Naylan Smith des services secrets britanniques. Il est courageux, impétueux et très fort. Il est accompagné de Sheila Barton (Karen Morley) et son fiancé Terry Granville (Charles Starrett) deux autres fortes personnalités (surtout elle !).

 

Ca commence par une expédition exceptionnelle, comme le Monde perdu (Harry O. Hoyt, 1925), dans lequel jouait d'ailleurs Lewis Stone. Mais ici s'arrête la comparaison.

La MGM s'est lancée à son tour dans les films d'horreur et d'épouvante. Après Tod Browning et son Freaks - échec cuisant - elle demande à Charles Brabin de réaliser un autre essai.

Hélas, ça tombe à plat. Boris Karloff a beau camper un magnifique personnage, l'effet est nul. Il manque quelque chose qui fit le sel de Frankenstein ou Dracula : une unité.

N'est pas Tod Browning ou James Whale qui veut.

Charles Brabin s'enfonce dans son histoire en mélangeant plusieurs genres : le distingué (et terrible) docteur Fu Manchu, maîtrisant aussi bien les sciences que les tortures est entouré d'une bande de fanatiques mal dégrossis qui semblent échappés des Mille et une Nuits ! On n'y croit que très difficilement. Les décors allient un classicisme oriental et des parties ultramodernes - pour 1932 - avec peu de réussite [Là encore, n'est pas le docteur No qui veut !]. Pourtant, le budget total était plus élevé que celui de Frankenstein !

De plus, le jeux des acteurs - Charles Starrett et Karen Morley en tête - est parfois limite, voire faux.

Et pourtant : il y avait une bonne idée de départ. Et surtout, on assiste à des scènes de supplice (chinois) assez formidables. Entre le supplice de la cloche, celui de la bascule aux crocodiles et les « doigts d'argent », le spectateur en a pour son argent ! Un tel déferlement de cruauté et de sadisme ne sera plus possible avec le code Hays.

Mais malheureusement, ça ne fait pas décoller l'intrigue. Fu Manchu a beau être réussi, il est le seul - avec sa fille - à sortir du lot. Et un méchant réussi ne suffit pas. Il faut aussi un héros et une histoire crédibles.

C'est peut-être ça qui manque. Ou alors la durée : soixante-huit minutes, c'est quand même trop court, pour une telle histoire.

Dommage.

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