Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Monty Python, #Terry Jones, #Terry Gilliam
Le Sens de la vie (The Meaning of life - Terry Jones & Terry Gilliam, 1983)

Après l’irrésistible Holy Grail (1975) et le magnifique Life of Brian (1979), les Monty Python nous reviennent avec un troisième film prometteur, au moins de par son titre : Le Sens de la vie.

Après avoir malmené la légende arthurienne et ébranlé les bases de la foi chrétienne (1), voici l’équipe de choc qui s’attaque au sens même de la vie, à travers des épisodes incontournables, allant de la naissance – origine inévitable – jusqu’à la mort, elle aussi inévitable.

 

Avec ce troisième film, les six Anglais retrouvent la structure qui faisait leur particularité à la télévision anglaise à la fin des années 1960 et au début de la décennie suivante.

En effet, il s’agit ici ni plus ni moins que d’une succession de sketches plus ou moins absurdes (2), avec comme autrefois un souci de la transition qui amène à chaque fois un nouveau chapitre ou un nouvel aspect du point abordé.

Ce retour vers les années de télévision est d’ailleurs accentué par l’utilisation – brève – du générique original avec les accords de The Liberty Bell de John  Philip Sousa, là encore, un incontournable.

 

Nous sommes donc en plein univers Monty Python, où l’absurde (presque tout, avec en summum le don d’organes) côtoie le mauvais goût (la séquence dans le restaurant), mais où l’humour est omniprésent, tout comme les différents membres qui, comme à leur habitude, interprètent plusieurs personnages tout au long du film, dont certains dans une même séquence.

Bien sûr, le sexe a sa place ici, mais alors qu’à la télévision, la censure était des plus strictes et les mentalités très conservatrices, ici, les vannes sont ouvertes et tout devient possible : j’en veux pour preuve la leçon d’éducation sexuelle dispensée par le professeur Cleese.

Et bien sûr, nous retrouvons celle qu’on a appelé la 7ème Python : Carol Cleveland qui ne fait que de très courtes apparitions (deux). Seul manque à l’appel Neil Innes, ainsi que sa musique, mais qu’on se rassure, Eric Idle y chante quand même.

Il n’est d’ailleurs pas le seul puisqu’on peut aussi entendre Graham Chapman (Dieu/Tony Bennett) dans la dernière séquence (Christmas in Heaven), mais surtout Michael Palin dans le tube du film : Every Sperm is sacred. Je ne vais pas trop insister dessus, mais cette chanson, en plus de critiquer ouvertement la religion chrétienne, se termine en une apothéose qui n’est pas sans évoquer (un peu tout de même) certaines chorégraphies de Busby Berkeley (3).

 

Et puis il y a The Crimson Permanent Assurance, certainement l’un des éléments les plus réussis du film. En effet, le film se présente comme un programme à deux parties, la première étant un court-métrage comme ceux qu’on avait l’habitude de présenter avant le programme en lui-même. Et Gilliam s’en donne à cœur joie, réalisant un film dans la lignée de ceux qu’il fit avant et après Le Sens de la vie. On y retrouve une part de rêve – qui devient réalité – et une utilisation brillante du trucage surtout dans le départ du bâtiment. A cela s’ajoute un emprunt aux galères romaines, analogie flagrante du travail des vieux employés de la compagnie Crimson.

Et la métamorphose de ce bâtiment en vaisseau pirate est des plus savoureuses.

 

Pour le reste, on retrouve l’humour décalé des Python à longueur de film, avec certains détails qui donnent tout leur sel au film : la machine qui fait « Ping ! », la petite confiserie à la menthe et au chocolat ou encore les différents cadeaux offerts par les soldats à leur officier.

Et si ce film a un aspect un tantinet fourre-tout (4), on appréciera avec tout de même beaucoup de plaisir cette dernière occasion de voir les six membres des Python ensemble au cinéma.

Et ça, c’est très précieux.

 

  1. Le film fut interdit en Irlande, pays ô combien catholique.
  2. Le fameux « nonsense » britannique, porté par des chantres parmi les plus habiles.
  3. On retrouvera cette tendance dans un autre moment chanté du film avec entrée dans une piscine.
  4. On dit même que l’un d’entre eux aurait expliqué que le film fut l’occasion de recycler quelques sketches en stock…
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog