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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Irvin Willat
The Michigan Kid (Irvin Willat, 1928)

Alaska, aux alentours de 1898 (ruée vers l’or).

Le Michigan Kid du titre, c’est Jimmy Rowan (Conrad Nagel), un aventurier qui a fait fortune grâce à sa maison de jeu où les prospecteurs viennent dépenser leur argent après une longue période de prospection.

Et aujourd’hui, il retourne dans le Michigan pour retrouver la femme qu’il aime : Rose Morris (Renée Adorée). Enfin ça, c’est ce qui est prévu, parce que Frank Hayward (Lloyd Whitlock) vient d’arriver : il doit retrouver sa fiancée qui arrive avec le prochain steamer. Et sa fiancée n’est autre que Rose Morris.

Et Jimmy se souvient de son enfance – turbulente – auprès de la jeune Rose et avec les tourments que lui faisait endurer le même Frank Hayward.

 

Voici un petit western (64 minutes) fort intéressant, sorti pendant l’avènement du parlant (1), se déroulant, une fois n’est pas coutume, en Alaska. On y trouve bien sûr les grands espaces et l’atmosphère viciée des saloons (2), avec bagarre incontournable au revolver. C’est d’ailleurs Hayward qui en est le responsable, blessant le croupier qu’il accuse d’avoir triché.

Mais voilà : non seulement il n’y a pas eu de triche, mais en plus Hayward est un type franchement louche qui a perdu au jeu la paye de ses mineurs.

Dès cette première partie (3) chez Jimmy, Willat expose clairement la situation : si Jimmy était considéré comme un petit voyou enfant, il a très bien évolué, devenant riche tout en étant honnête. Par contre, Hayward, qui était déjà roué quand il était petit, l’est devenu encore plus, à la limite de la légalité (et même au-delà !).

 

Et l’arrivée de Rose va complètement changer la donne, surtout que Hayward doit se faire oublier et retourner à la mine, laissant Rowan amener la jeune femme. Bien sûr, on se doute que ce dernier espère que Rose ne l’a pas oublié, et qu’il a peut-être encore une petite chance. Et nous, spectateurs n’en doutons pas, surtout que Hayward ressemble de plus en plus à un méchant. Cette ressemblance est parfaite quand ce dernier va retrouver le couple au refuge et décide d’abandonner Rowan ligoté pendant que la forêt s’embrase et menace la cahute.

Parce qu’à ce western, Willat ajoute un soupçon de film-catastrophe, avec descente de la rivière bordée de flammes avec chute d’eau à l’arrivée. Bref, du grand spectacle.

 

Et de ce côté-là, c’est vraiment du grand spectacle. Certes, le côté western est un peu atténué avec cette histoire d’amour, mais on y retrouve un affrontement final qui n’a pas lieu à la toute fin du film, mais avant la fuite sur la rivière.

Et Willat utilise à merveille la caméra de Charles J. Sumar pour les différentes parties du film. Nous sommes bien loin des débuts du western  avec Edwin S. Porter : la caméra est mobile et accompagne avec beaucoup de pertinence les différentes péripéties. Travellings, gros plans et autres flashbacks sont les maîtres mots de cette réalisation, sans oublier des transitions intéressantes dont la première qui voit une batée (4) se transformer en roulette (celle de Rowan).

 

Bref, un petit film qui se déguste avec gourmandise, surtout qu’en plus on y retrouve la belle Renée Adorée, dont c’est l’un des derniers films. A voir ? Oh oui.

 

  1. Les intertitres sont très lisibles sur les lèvres des différents interprètes.
  2. Dans l’établissement de Jimmy, on joue aux cartes et mais aussi du revolver, et des filles lèvent les jambes en musique.
  3. Du film, pas de cartes.
  4. Le récipient rond qui permet de séparer les paillettes des cailloux.
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