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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Paul Hurst
The midnight Message (Paul Hurst, 1926)

Johnny (Johnny Fox) vit avec sa mère (Mary Carr), la veuve Malone, dans une toute petite maison. Ils survivent grâce aux vêtements que Maman Malone confectionne, ainsi que le salaire que touche Johnny à la Western Union.

Mais ce n’est pas suffisant : Johnny va désormais travailler la nuit pour gagner plus. D’autant que la machine à coudre vient de rendre l’âme.

Cette nuit-là, sa première mission l’envoie chez les Macy où a lieu un cambriolage.

 

Johnny Fox (1909-1997) fait partie de ces acteurs du cinéma qui n’ont pas percé en passant à l’âge adulte, arrêtant sa carrière à l’avènement du parlant. Et malgré sa petite taille, il a déjà 16 ans quand le film sort, ce qui peut expliquer qu’il conduise déjà une voiture (1).

Paul Hurst, pour sa part, est un autre sombre réalisateur qui arrêtera de tourner derrière la caméra avec ce même avènement du parlant : il sera alors seulement acteur, jusqu’à sa mort en 1953.

Il s’agit ici de son 44ème film et la première partie nous fait supposer que nous allons assister à un nouveau mélo, avec veuve et orphelin dans la misère pendant que les Macy, famille de riches « contribuables » (2) reçoivent d’autres amis riches.

Mais progressivement (rapidement aussi, le format – 51 minutes – ne permet pas un immense développement), le ton comique va s’installer, dont Johnny Fox est le véritable artisan, s’exclamant sur tous les tons « Gosh ! » (3) et ce malgré le fait qu’on n’entende pas sa voix (ah, les intertitres…).

 

Mais comme on ne pouvait pas baser le film sur le seul Johnny Fox, nous retrouvons Creighton Hale dans le rôle du jeune premier, effacé tout de même par le jeune garçon, se cantonnant exclusivement au rôle de l’amoureux de la fille Macy, la belle Mary (Wanda Hawley). Cette dernière est d’ailleurs un élément-clé de l’intrigue.

Côté cambrioleurs, nous avons un galant escroc en la présence de Red Fagan (Stuart Holmes) : yeux bleus, fines bacchantes et fière allure, ne vous y trompez pas, c’est un bandit de la pire espèce, n’hésitant pas à faire accuser le jeune Johnny de son méfait.

Stuart Holmes n’est pas un novice dans ce genre de rôle, rappelez-vous le grand Duc Michael dans Le Prisonnier de Zenda (Rex Ingram, 1922).

 

Bref, nous sommes en bonne compagnie même i on aurait aimé un ton plus tranché du point de vue comique. Certes, Johnny Fox est très bien, mais il est un peu seul dans ce ton, parfois rejoint par Otis Harlan comme déjà évoqué (2).

Mais le petit reproche qu’on peut faire au film tient dans le titre : « le Message de minuit ».

Certes, Johnny travaille de nuit, mais du fait des conditions de tournage, à aucun moment n’avons-nous une atmosphère nocturne.

En effet, alors qu’il devrait faire nuit quand il apporte le message chez les Macy et qu’il surprend le cambriolage, l’intrigue va se développer en plein jour sans ellipse : il n’y a aucune rupture de narration, ce qui amoindri la force de l’intrigue.

Mais si cette maladresse ne concernait que les protagonistes, ce ne serait pas trop grave : c’et une belle poursuite en voiture qui s’engage, avec arrêt à la station-service inévitable. Or, cette station fonctionne comme en plein jour, accentuant le côté décalé par rapport au titre.

Dommage.

 

Quoi qu’il en soit, le reste nous fait tout de même passer un bon moment, et ce malgré la fin heureuse là encore prévisible : nous sommes en 1926 quand le film sort et les habitués du cinéma muet commencent à bien connaître les différentes fins proposées habituellement (4).

 

PS : Malgré sa faible importance (apparente), ce film est conservé à la Bibliothèque du Congrès américain (Library of Congress).

 

  1. Aux Etats-Unis, pas besoin d’attendre 18 ans pour pouvoir conduire. Ni posséder une arme, mais ceci est une autre histoire.
  2. Le père (Otis Harlan) répète à l’envi cet état de fait, amenant un élément comique de répétition.
  3. « Zut », « sapristi », « diantre »…
  4. Pour le plaisir, en ce qui concerne les fins convenues, je vous renvoie aux Dingodossiers (vol. 1) de Goscinny et Gotlib : Sachez ce qu’est la Fin (pp. 80-81).
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