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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Roland Joffé, #Robert de Niro
Mission (The Mission - Roland Joffé, 1986)

1750, quelque part en Amérique du Sud (Paraguay ?), une petite mission se développe, dirigée par le jésuite Gabriel (Jeremy Irons). Comme beaucoup de missions dans cette région, son développement dérange : le Portugal et l’Espagne  aimeraient bien récupérer ces territoires et en jouir à leur manière (exploitation, esclavage, violence…).

Le cardinal Altamirano (Ray McAnally) est donc envoyé par le Saint-Siège pour évaluer la situation, et éviter une quelconque crise diplomatique entre le Vatican et les deux états ibériques.

Parallèlement, le capitaine Mendoza (Robert De Niro) se retrouve dans cette mission, ayant expié le meurtre de son propre frère (Aidan Quinn).

Il y trouvera la rédemption, bien sûr, mais à quel prix…

 

Trente-six ans après, le film de Roland Joffé garde toute sa force. C’est, deux ans après son premier film, l’inoubliable The killing Fields, Joffé dénonce à nouveau. Cette fois-ci,c’est l’attitude hypocrite de l’Eglise face aux autochtones de ce « nouveau continent », quantité négligeable face aux enjeux économiques de deux grandes puissances sur le déclin.

Et l’intertitre final qui annonce que des Indiens d’Amérique du Sud continuent la lutte pour survivre – et faire survivre leur culture – reste toujours d’actualité : regardez ce qu’il se passe dans cette même région aujourd’hui même !

Et le Vatican, qui n’est pas toujours rancunier, considère lui aussi ce film comme très important (1995).

Le film s’ouvre et se ferme sur un martyre, au nom du Christ. Entre les deux, une évolution des mentalités qui gênait plus qu’elle n’arrangeait les puissants.

 

Et je ne peux que donner raison au Vatican : ce film est, à bien des égards, magnifique.

La photographie de Chris Menges, qui a débuté dans le documentaire, est superbe, mettant en valeur la forêt et le site prestigieux du parc national d’Iguazú (Argentine). C’’est un florilège de très beaux cadrages, montés avec brio par le talent de Jim Clark.

De même la musique d’Ennio Morricone se prête complètement à cette reconstitution, même si ce que nous entendons n’est pas toujours ce que nous voyons… Il y a une parfaite adéquation entre la musique du grand Ennio et l’intrigue – comme d’habitude !

Et cette musique, surtout ses chœurs, sont restés longtemps dans les souvenirs des spectateurs : aujourd’hui encore, on la reconnaît sans hésitation.

 

Et puis il y a l’interprétation.  Si Jeremy Irons est impeccable, comme d’habitude, on a le plaisir de découvrir un second rôle qui va faire parler de lui très vite : Liam « Schindler » Neeson (le jeune père Fielding). On remarquera aussi la présence d’un véritable ecclésiastique aux côtés de Jeremy Irons : Daniel Berrigan. Ce bon père est surtout célèbre pour ses prises de positions pas très catholiques dans l’Amérique de Nixon (et des autres) : ses positions et actions contre la guerre du Vietnam lui ont valu un procès au terme duquel il disparut, empêchant une quelconque incarcération. Pas étonnant de le voir ici du côté des opprimés…

J’oubliais : il a commencé son sacerdoce chez les Jésuites…

Mais c’est encore une fois Robert De Niro qui retient l’attention : il est formidable dans le rôle de cet ex-esclavagiste (2), à la recherche d’une rédemption qui viendra. En deux temps.

En effet, si la première partie est interrompue par un Indien dont il a capturés quelques parents – après un calvaire qui a des allures sisyphiennes, c’est bien sûr la seconde qui lui assure définitivement son Salut : il va combattre – malgré les vœux prononcés auprès de ses frères – aux côtés de ceux qu’il a (pour)chassés autrefois, assistant jusqu'au bout au martyre de ceux qui étaient devenus ses amis, son peuple.

 

Magnifique.

 

  1. Ayant longtemps pratiqué d’un instrument à vent, le jeu de Jeremy Irons est absolument incompréhensible par rapport à ce que nous entendons. D’un autre côté, les interprètes ne connaissent que très rarement les intentions du compositeur : la musique est réalisée après.
  2. Plus facile à écrire qu’à prononcer !
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