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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Roland West, #Lon Chaney
Le Monstre (The Monster - Roland West, 1925)

Le Monstre ou encore Le Docteur X (comme il fut nommé à sa sortie en France) est un film fantastique dont l’argument de vente était « Lon Chaney, l’homme aux 1000 visages ».

Et chose étonnante, ici il garde son visage inchangé, ne serait-ce que les cheveux gris (et les sourcils). On peut dire qu’il jouait avec son vrai visage, ce qui ne l’empêchait pas de se faire une figure menaçante voire effrayante, comme il nous l’avait montré dans The Penalty quelques années plus tôt.

 

Mais reprenons. A Danburg, (très) petite ville américaine, il ne se passe pas grand-chose : la dernière fois c’est quand le laitier est partie avec la femme du bootlegger (1). Alors quand la voiture de Bowman est retrouvée sur le bas-côté, accidentée et surtout sans conducteur.

Au loin se dresse l’inquiétante maison de santé du docteur Edwards (Herbert Prior) (2), inhabitée depuis quelques mois. Or, les fenêtres y sont éclairées la nuit.

Y a-t-il un lien entre ces disparitions et cet établissement ?

 

Bien sûr qu’il y en a un. Et un bien effrayant : il est alors géré par le docteur Ziska (Lon Chaney), entouré de trois sbires eux aussi très inquiétants : Rigo (Frank Austin), au visage tourmenté et à la cape noire ; Caliban (Walter James), un colosse muet qui obéit au doigt et à l’œil à Ziska ; et Dan (Knute Erickson), juste Dan.

Opposés à ces inquiétants personnages, on trouve Johnny Goodlittle (Johnny Arthur) un jeune coursier apprenti-détective et son rival Amos Rugg (Hallam Cooley), lui aussi coursier mais un échelon au-dessus. Le but de leur rivalité : comme d’habitude, une femme, la belle Betty Watson (Gertrude Olmstead).

Et comme de bien entendu (air connu), ce trio va se retrouver prisonnier du dangereux Ziska et de ses complices.

 

Roland West réalise ici ce qu’on peut considérer comme un film d’horreur, bien que Lon Chaney n’y utilise aucun véritable maquillage. On a eu tendance d’ailleurs à enfermer le grand Lon dans la catégorie horreur et épouvante. Et justement, ici, il peut faire peur sans toutefois utiliser autre chose que son corps, et en particulier son visage.

Mais The Monster n’est pas complètement un film d’épouvante : une bonne dose d’humour contrebalance les effets de terreur, faisant dire au spectateur que décidément, ce n’est pas bien sérieux tout ça.

 

C’est vrai, ce n’est pas bien sérieux, même si les différentes actions entreprises par le quatuor ne sont pas anodines, avec surtout le but ultime de Ziska qui donne son titre au film.

Et si nous n’avions pas autant d’occasions de sourire (ou rire, ça dépend des gens), il possède tous les éléments pour faire un magnifique méchant : son attitude guindée, accentuée par la présence d’un long fume-cigarette n’est pas là pour rassurer notre trio de visiteurs (malgré eux). De plus, outre son visage menaçant, il possède son fameux sourire qui peut séduire ses proies, alors que les spectateurs habitués de l’acteur y voient une nouvelle menace.

 

Bref, tout le monde s’amuse, et l’intrigue se résout avec un sauvetage de dernière minute, et la jeune femme choisira celui qui est le plus valeureux.

Ce n’est pas un grand film ? Non, je suis d’accord. Mais le plaisir de voir évoluer ce vrai monstre – sacré, cela va de soi – en la personne de Lon Chaney, vaut toutes les raisons du monde.

 

  1. Trafiquant d’alcool (nous sommes en pleine Prohibition).
  2. Un docteur Edwards qui dirige un hôpital psychiatrique, Tiens, tiens, tiens…
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