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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Frank R. Strayer
Le Monstre marche (The Monster walks - Frank R. Strayer, 1932)

Le docteur Earlton vient de mourir, laissant sa fortune à sa fille Ruth (Vera Reynolds), et sa maison à son frère Robert (Sheldon Lewis), devenu paralytique.

Après lecture du testament, tout le monde va se coucher. C’est à ce moment qu’une main noire et velue qui semble sortir de nulle part et veut attraper la gorge de la belle Ruth.

Serait-ce la main du gorille Yogi (1) ? Il semblerait que non, sa cage a été maintes fis vérifiée par Hans Krug (Mischa Auer) le fils de la gouvernante, « Tanty » Krug (Martha Mattox), un grand garçon un tantinet dégingandé, à la diction et l’attitude particulières.

Mais alors, d’où vient cette main ?

 

Nous sommes en pleine période fantastique – qui avait commencé avec le Dracula de Tod Browning un an plus tôt, mais c’est plus du côté du Frankenstein de James Whale qu’il faut trouver une quelconque parenté. En effet, le personnage de Hans a une façon de se déplacer qui n’est pas sans rappeler celle de Boris Karloff dans le rôle du monstre, surtout dans sa séquence finale. Mais là s’arrête (déjà) la comparaison : Le Monstre marche est une production mineure de cette période, un de ces films oubliés sauf par les inconditionnels du genre et les admirateurs de Mischa Auer.

 

La version proposée est d’ailleurs celle de la ressortie du film en 1938 avec un générique transformé, mettant ce même Auer en tête d’affiche ainsi que l’inquiétante Martha Mattox, reléguant Vera Reynolds et Rex Lease (le docteur Clayton, fiancé de Ruth) au second plan, première étape avant leur oubli. L’autre transformation concerne l’image de fond de ce même générique : il s’agit d’un singe de type gorille (2) qui tient dans ses bras une jeune femme peu vêtue. Toute ressemblance avec le King Kong de Cooper et Schoedsack est non seulement fortuite mais aussi du racolage éhonté. Cette récupération peut s’expliquer par la présence du personnage simiesque mais là encore, la limite est vite atteinte.

 

Et c’est le problème de ce film : on en a vite fait le tour, du fait de sa longueur (à peine une heure) et de son intrigue un brin convenue. Et pourtant… L’idée de cette main qui apparaît au bout de ce bras noir et velu était une bonne idée, tout comme ce paralytique inquiétant (est-il vraiment handicapé ?), ou encore les deux Krug (mère et fils) aux regards eux aussi inquiétants. Mais Frank R. Strayer reste très terre à terre et n’arrive pas à créer une véritable atmosphère de terreur ni à créer le moindre suspense. Il faut dire que le duo vedette (de 1932) est assez insipide, et les personnages pas suffisamment étoffés pour emporter l’adhésion.

 

Reste le plaisir de revoir Mischa Auer (je l’aime bien, que voulez-vous), et d’y redécouvrir deux autres figures secondaires du cinéma américain : Sidney Bracey (Wilkes, le notaire) et l’étonnant Sleep n’Eat (3), qui n’est autre que Willie Best (Exodus), qui se fera un nom dans les années suivantes auprès de véritables gloires du cinéma américain.

 

Bref, on peut très bien vivre sans voir ce film.

 

  1. En fait, c’est un chimpanzé
  2. Cette fois, c’est un vrai
  3. « Dormir et manger »
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