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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #George Clooney
The monuments Men (George Clooney, 2014)

1943.
Pendant que les nazis pillent l’Europe, Frank Stokes (George Clooney) est investi d’une mission : retrouver les œuvres d’art pillée par ces affreux personnages. Il va engager un groupe de six hommes autour de lui : James Granger (Matt Damon), Richard Campbell (Bill Murray), Walter Garfield (John Goodman qui interprète à nouveau un Walter), Jean-Claude Clermont (Jean Dujardin), Donald Jeffries (Hugh Bonneville) et Preston Savitz (Bob Balaban), tous spécialistes des arts, si pas des armes.

Ils vont remonter les différentes routes prises par les œuvres d’art avant une éventuelle destruction, programmée en cas de défaite allemande et surtout de disparition de son guide suprême.

Un mois après le Débarquement, les Monuments Men arrivent en France et commencent leur travail, qui les mènera jusqu’à la fin de la guerre, et même après.

 

C’est au film de guerre que George Clooney s’attaque pour son cinquième film, encore une fois inspiré d’une histoire vraie (1). Cette traque permit tout de même de retrouver une très grande partie des œuvres pillées, même si elles ne purent pas toutes être restituées : beaucoup de leurs propriétaires ayant été tués par les nazis.

On peut considérer cette quête un tantinet déplacée par rapport aux véritables combats qui eurent lieu dans le même temps, tuant des centaines de milliers d’hommes. Et cette réflexion point à différents moments du film jusqu’à sa conclusion. Et la meilleure justification de cette mission incongrue en apparence est donnée par Stokes avant que commence pour eux les recherches : on ne détruit totalement un peuple ou une civilisation qu’en s’attaquant à sa culture qui en fait sa grandeur.

 

Si le film n’eut pas le succès escompté, il n’en demeure tout de même un bel hommage à ces hommes et femmes qui se sont battus à leur manière contre  les nazis. Et les interprètes e ces Monument Men sont à la hauteur de leurs rôles. Et Clooney, qui traite ici un sujet grave, réussit à placer quelques touches comiques qui éclairent ce film parfois sombre, surtout dans son rapport à la guerre.

Sans oublier l’indispensable émotion qui nous étreint à certains moments, dans les bons comme dans les mauvais moments.

 

Les bons moments, c’est quand Richard Campbell se lave et que Savitz lui passe le message enregistré par sa fille sur le haut-parleur du camp, qui lui chante un émouvant Have yourself a merry little Christmas, qui va mêler les larmes d’émotion de ce dernier avec l’eau de la douche, le tout pendant qu’à des dizaines (des centaines ?) de kilomètres de là, Stokes et Epstein (Dimitri Leonidas) ramènent un homme blessé à l’hôpital de campagne.

Les mauvais, c’est la destruction au lance-flamme des œuvres d’art dirigée par le colonel Wegner (Holger Handtke) : c’est une attaque terrible pour un amateur d’art comme moi que de voir ces chefs-d’œuvre réduits à néant inutilement. On retrouve le même gâchis que lors de ces autodafés géants qui voyaient les livres brûler par le fait de ces mêmes personnes répugnantes.

 

Et puis il y a la guerre. Si nos héros n’en sont pas des foudres, elle demeure tout de même omniprésente : par ses dégâts (des ruines innombrables) et ses incursions dans l’histoire de ces hommes. Tous ne reviendront pas vivants (je vous laisse découvrir qui y reste), donnant une nouvelle raison d’existence à ce fantastique projet.

On y retrouve aussi quelques éléments déjà vus dans d’autres films : je pense notamment cet enfant qui se bat comme un soldat et qu’on peut trouver dans The Horsemen de John Ford ou plus près de nous The big red One de Samuel Fuller. Bien sûr, on pense aussi au Train de Frankenheimer, et on retrouve Cate Blanchett (Claire Simone) interprète un avatar de Rose Valland (Suzanne Flon chez Frankenheimer) qui fut conservatrice au Musée du Jeu de Paume et qui participa à ces Monuments Men, ou plutôt au projet : Monuments, Fine Arts, and Archives program. Puisque nous n’avons pas droit à des « Monuments Women »…

 

Bref, un film aussi nécessaire que les personnes et leurs actions décrites dedans. Où la guerre s’oublie le temps d’une émotion, surtout due aux œuvres d’art, mais revient toujours plus dure, rappelant que cette mission était avant tout militaire et surtout très périlleuse.

Et si vous trouvez que le vieil homme qui conclut le film a un faux air de George Clooney, c’est tout à fait normal : c’est son père, Nick Clooney.

 

  1. Les noms des différents membres des Monuments Men (les vrais) ne sont pas repris ici : nous sommes au cinéma.
The monuments Men (George Clooney, 2014)
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