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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Lucien Hubbard, #Maurice Tourneur, #Benjamin Christensen, #Muet
L'Ile mystérieuse (The mysterious Island - Lucien Hubbard, 1929)

Sur son île (1), le comte Dakkar (Lionel Barrymore) est en train de construire un vaisseau révolutionnaire : il s’agit d’un sous-marin permettant d’aller explorer les profondeurs, à, la recherche d’êtres aquatiques lointains cousins de l’homme.

Mais son ami le baron Falon (Montagu Love) voit dans cette invention une arme potentielle : un affrontement entre Dakkar et Falon devient alors inévitable.

 

Autant le dire tout de suite : le film est une « adaptation » du roman de Jules Verne. Mais, rapidement, on se rend compte qu’il n’en est rien. Si Dakkar nous fait penser à Némo de 20.000 Lieues sous les mers, on se demande à qui fait référence Dakkar. Quant au roman à proprement parler, on pense plus à 20.000 qu’à sa suite.

Quoi qu’il en soit, au cinéma tout étant permis, considérons ce film comme ce qu’il est et non ce qu’il pourrait être.

 

Commencé en 1926, la pré- et la postproduction furent bousculées par un cataclysme inattendu : l’arrivée du parlant. C’est pourquoi le film fut complètement repensé, avec ajout du son ainsi que quelques dialogues.

De plus, ce film fut longtemps considéré comme perdu avant d’être retrouvé : outre l’insertion d’éléments sonore, il fut tourné en Technicolor. Ce n’est malheureusement pas la version que j’ai pu voir.

Et tout cela nous donne un film partiellement parlant où l’utilisation de la voix est pertinente : les explications de Dakkar au début, les échanges radio ensuite.

Dans ce film partiellement sonore, on entend aussi certains bruitages ainsi que des éclats de voix et autres bruits de sabots de chevaux pendant les scènes de foule. Le reste est muet, Lucien Hubbard ayant recours aux intertitres pour faire avancer l’intrigue.

 

Mais si la partie adaptation est plus que douteuse, le film en tant que tel mérite le détour, et malgré cette infidélité au roman, on y retrouve tout de même le côté aventurier et scientifique qui constituent l’univers de l’écrivain. Et si les effets spéciaux ne sont pas à la hauteur de ce qu’on peut voir maintenant, on ne peut qu’être admiratif devant le travail effectué par Cedric Gibbons et son équipe, créant des intérieurs et certains éléments qui annoncent ce qu’on pourra voir souvent dans les films de série B quelques décennies plus tard. On retrouve dans ce film la même touche scientifique que dans Frau im Mond (Fritz Lang) qui sortit la même année, dix jours plus tard.

Et je dois avouer que j’ai pris plus de plaisir à voir ce petit film (2) de Hubbard que celui du grand Fritz : le montage et surtout jeu d’acteurs y étant plus dynamiques. De plus, la présence de Barrymore, Hughes et surtout Montagu Love – encore dans un rôle de méchant – donne une autre dimension au film.

 

Et puisqu’il faut aussi justifier la présence de Jules Verne au générique, nous avons droit à un combat contre un céphalopode géant qui vient attaquer le sous-marin. Certes, l’utilisation de maquettes et autres incrustations est évidente et le montage n’est pas toujours extraordinaire,  mais il n’en demeure pas moins que ce film possède un certain charme (voire un charme certain).

 

 

PS : s’ils ne sont pas crédités à la sortie du film, Maurice Tourneur et Benjamin  Christensen (excusez du peu) ont aussi participé au tournage.

 

PPS : Doit-on voir – une dizaine d’années plus tard – une critique du nouveau pouvoir en place en Russie ? Certains éléments me font pencher vers cette hypothèse…

 

  1. Mystérieuse, cela va sans dire.
  2. 55.000 $ de budget pour une recette de 1.130.000 $ de recette.
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