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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Blake Edwards
The Party (Blake Edwards, 1968)

Il suffit de peu de choses pour changer le destin : un nom, un seul. Celui de l’homme qui a ruiné un tournage : Hrundi V. Bakshi (Peter Sellers).

Mais un nom seul ne suffit pas, il faut qu’il trouve sa place : ajouté malencontreusement sur une liste d’invités.

D’invités à une soirée festive (d’où le titre).

Et quand Hrundi paraît, après avoir garé sa Morgan à trois roues, le cataclysme peut commencer.

Parce que, où que Hrundi passe, le chaos s’installe.

 

Nous sommes en pleines années 1960s (1968, quelle belle année !) et on retrouve certains éléments de cette époque en plus des tenues portées : la jeunesse contestataire et ses slogans, la mousse qui envahit le décor, et le sitar qui, s’il n’est pas joué par Ravi Shankar, ne l’est pas plus par Peter Sellers : c’est Bill Plummer qui le double…

Mais surtout, cette « party » est l’occasion pour Blake Edwards et surtout Peter Sellers de revenir à la source de l’humour au cinéma : la période muette.

 

Car si le film est tout à fait parlant, comme chez Jacques Tati, finalement, les conversations n’ont que très peu d’importance, les attitudes et les mimiques les remplaçant avantageusement. Et le personnage de Hrundi est celui qui utilise le mieux cet exercice. Et d’un autre côté, son personnage a une conversation très peu intéressante. Mais c’est un peu normal : il est Indien (d’Inde).

 

C’est un véritable festival de gags. Il se passe toujours quelque chose. Même quand la belle Michelle Monnet (Claudine Longet) chante il ne peut s’empêcher de nous faire rire.

Mais surtout, le talent (immense) de Peter Sellers (héraut de Blake Edwards) c’est de créer des catastrophes en nous faisant croire qu’il ne le fait pas exprès. Son personnage est très certainement de la même famille que l’inspecteur Clouseau. Mais si Clouseau est un gaffeur, c’est toujours (ou presque) dans le cadre de son travail, alors qu’ici, c’est gratuit. Il n’a rien à gagner, ni à perdre. C’est un véritable électron libre dans une soirée où il n’a absolument rien à faire, dans tous les sens du terme : il est étranger aux gens qu’il croise et ne peut donc pas discuter avec eux, mais en plus à part boire et écouter de la musique, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire.

Mais si les conversations sont inintéressantes, il n’en va pas de même des actions des convives ou du personnel : entre le serveur alcoolique (Steve Franken) et le majordome poussé à bout par ce dernier, les cheveux de Divot (Gavin MacLeod qui n’était pas encore le commandant Stubing) ou encore la pauvre Alice Clutterbuck (Fay McKenzie, qui vient de fêter ses 100 ans…) et son mari (J. Edward McKinley) à qui la situation échappe complètement… De la folie furieuse, mais de celle qu’on adore !


C’est donc une accumulation de gags qui va toujours en crescendo, avec au final l’intervention d’un éléphant* dans une piscine de mousse. Mais pourtant, c’est quand on arrive à ce paroxysme que ça tombe un tantinet à plat. Comme avec Clouseau qui s’entraîne avec son serviteur asiatique, c’est un peu trop. C’est Blake Edwards, que voulez-vous ?

Mais qu’importe, on rit de bout en bout, avec une fin en douceur ce qui fait beaucoup de bien après ce qu’on a vécu : parce que même s’il fut un comique unique, Peter Sellers sait aussi amener une touche de tendresse à son personnage, sans pour autant le rendre ridicule.

 

Décidément, quelle sale journée que le 24 juillet 1980 !

 

 

* On peut voir un second éléphant dans le film : l’avez-vous repéré ?

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