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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Wallace Worsley, #Lon Chaney, #Gangsters
Satan (The Penalty - Wallace Worsley, 1920)

Un accident de la circulation.

Le jeune docteur Ferris (Charles Clary) opère le jeune garçon : ses deux jambes sont amputées.

Mais c'est une erreur de diagnostique.

Une erreur de jeunesse aux conséquences funestes.

 

Vingt-sept ans plus tard, à San Francisco. C'est une ville très prospère, peut-être la plus prospère des Etats-Unis. Même la pègre est prospère. Elle est dirigée par Blizzard (Lon Chaney).

Blizzard est handicapé : ses jambes s'arrêtent juste au-dessus des genoux.

A part la truande, Blizzard a un autre centre d'intérêt : la musique. C'est un magnifique joueur de piano, dont les conquêtes amoureuses (volontaires ?) lui servent de pédalier.

La dernière en date : Rose (Ethel Grey Terry). Or Rose est un agent du gouvernement infiltré pour découvrir les plans secrets de Blizzard.

Blizzard n'a pas oublié ce qui lui était arrivé enfant. Il compte bien se venger et retrouver de nouvelles jambes.

Et Rose tombe amoureuse de lui...

 

Voici un film qui incita fortement les ligues de vertus à contrôler le cinéma :

- le personnage principal est un véritable méchant ;

- il use de violence envers les femmes ;

- en moins de cinq minutes, il y a déjà un cadavre tué de mort violente ;

- le tueur est un toxicomane un tantinet névrosé (James « Jim » Mason) ;

- on y tue aussi des policiers ;

- il y a même une femme nue.

Bref, tout pour faire un magnifique film de gangster, avec - cerise sur le gâteau - Lon Chaney, « l'Homme aux mille visages ».

Mais ici, Chaney n'a recours à aucun maquillage. Il ne joue que de ses propres traits. Et avec une maestria certaine. Il passe du rire aux larmes, et surtout d'un visage noir et renfrogné à un visage enjoué et inversement. Rarement il fut aussi menaçant. Il n'aura jamais autant de malfaisance dans le regard dans ses autres films. Il a véritablement un côté satanique.

L'autre performance de Chaney, c'est d'évoluer sur les genoux, les jambes repliées derrière, à l'aide de béquille ou de ses propres mains. Et ce fut un sacré tour de force. L'exercice était une véritable torture, aussi on compatit un peu quand on le voit descendre d'un étage accroché une rampe verticale, ou tomber d'un piédestal après une séance de pose (parce la fille du docteur Ferris cherche un modèle pour représenter l'archange déchu, et c'est lui qui a été choisi !).

Ce film est le premier film d'une série qui le verra jouer des rôles marquants d'hommes diminués physiquement (surtout avec Tod Browning), avec ou sans maquillage : Notre-Dame de Paris (du même Wallace Worsley, 1923) ; Le Fantôme de l'Opéra (Rupert Jullian, 1925) ; l'Oiseau noir (Tod Browning, 1926) ; La Route de Mandalay (1926) L'Inconnu (1927) et à l'Ouest de Zanzibar (1928), tous trois de Tod Browning.

 

Si le titre original parle d'une pénalité à payer pour avoir fait le mal, le titre français - pour une fois - est plus en rapport avec le film.

En effet, le diable - Lucifer, Satan, Belzébuth, appelez-le comme vous voulez, mais pas un soir de nouvelle lune avec une poule noire à un carrefour - est sans cesse présent dans l'histoire : le chef de la police parle d'un mutilé de l'enfer ("cripple from hell") ; Blizzard se définit comme Satan ou encore le diable lui-même ("the Devil himself") ; les intertitres le qualifient de Bête (dont le nombre doit être 666, évidemment) ; et enfin, la pègre se dit "underworld" en anglais, ce qui signifie aussi « le monde d'en-dessous »...

 

On peut reprocher tout de même une part de naïveté quand Blizzard est guéri et devient bon. La société lui donnera sa chance : il pourra se marier (avec Rose) et il emploiera sa fabuleuse intelligence à faire le bien plutôt que le mal.

A moins que le Destin s'en mêle...

 

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