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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Cecil B. DeMille
Une Aventure de Buffalo Bill (The Plainsman - Cecil B. DeMille, 1936)

Wild Bill Hickok (Gary Cooper), Calamity Jane (Jean Arthur) et Buffalo Bill (James Ellison) sur une même affiche! Il n’y a qu’à Hollywood qu’on peut voir ça.

Et en plus, c’est le grand Cecil B. DeMille qui est aux commandes, alors il n’y a plus qu’à se laisser faire…

 

Certes, DeMille, épaulé par Waldemar Young, Harold Lamb et Lynn Riggs au scénario, eux-mêmes chapeautés par la fidèle Jeanie Macpherson, a pris quelques libertés avec la vérité historique, mais que voulez-vous : nous sommes au cinéma !

Nous avons donc cet « homme de la plaine » (1), légende de l’Ouest qui côtoie d’autres légendes du même acabit dans une période alors troublée par la mort de Lincoln (2) et le retour de guerres indiennes, ranimées par un trafic d’armes à répétition que va combattre Bill Hickok et surtout son patron : l’infâme John Lattimer (Charles Bickford).

Mais si DeMille (and C°) a pris des libertés par rapport à la vérité historique, n’en demeurent pas moins quelques éléments véridiques comme son amitié avec Buffalo Bill et Calamity Jane, sa mort d’une balle ans le dos par Jack McCall (Porter Hall) et la dernière « main » qu’il a jouée : « Dead man’s hand ». (3) Là encore, le scénario prend des libertés ave la mort de notre héros, ais je vous renvoie à la troisième ligne du deuxième paragraphe.

 

Je suppose que les spectateurs français (et surtout les plus jeunes) ont eu un sentiment de frustration quand ce film est sorti (le 7 mai de l’année suivante) : en effet, le titre nous annonce une aventure de la superstar de l’Ouest américain, qui avait même fait quelques apparitions à Paris  en 1905, alors que l’intrigue est plus resserrée autour de son compagnon Wild Bill. Certes, « L’homme de la Plaine » aurait été un titre des plus appropriés, mais peu vendeur, Hickok étant fort inconnu – même aujourd’hui des spectateurs français (4). Et en plus, il n’est pas question de tuer des bisons ! J’ajouterai même que le chef Yellow Hand (Paul Harvey) reproche aux hommes blancs de tuer ces mêmes bisons, leur source de nourriture.

D’ailleurs, le film ne s’appesantit pas sur le rôle joué par les deux cowboys vedettes dans les guerres indiennes, la légende y aurait pris une belle écorne.

 

Autre légende présente dans le film : le général Custer (John Miljan). Mais ne vous attendez pas à y voir le vrai, l’acharné qui mourut à Little Bighorn avec ses hommes, mais plutôt un homme assez bon – pas trop tout de même, il est général – et qui déplore cette nouvelle guerre indienne qui arrive du fait du trafic.

Nous avons même droit à la bataille de Little Bighorn, racontée par un jeune acteur d’origine mexicaine : Antonio Rodolfo Quinn Oaxaca, qu’on connaît mieux sous le nom d’Anthony Quinn. Nous assistons essentiellement à la fin de Custer, aussi héroïque que le voulait la légende à l’époque et qui ne sera pas démentie par Raoul Walsh cinq ans plus tard (They died with their Boots on). Là encore, il faudra attendre Little big Man pour avoir une autre vision de ce héros si décrit et décrié…

 

Alors ce film ?

Et bien nous avons ici un western tout à fait classique avec duel final – mais pas au soleil couchant – dans un décor traditionnel, alternant les grands espaces (indispensables, surtout quand il s’agit de parler d’un « homme de la plaine ») et les intérieurs rustiques (chez Cody) ainsi que l’incontournable saloon qui est tenu ici par Calamity Jane.

L’interprétation est à la hauteur de l’événement (autant de légendes d’un coup ne pouvait supporter une distribution mièvre) et si Gary Cooper est toujours impeccable, on notera qu’il s’agit d’un des rares films où il meurt à la fin.

Mais si Cooper est magnifique (pourrait-il en être autrement ?), c’est le personnage de Calamity Jane qui retient l’attention : Jean Arthur est formidable dans le rôle de cette femme masculine qui répond avec un fouet à ceux qui regrette qu’elle en soit une !

Ses rapports avec Wild Bill sont parfois prétextes à quelques situations comiques mais aussi à une belle histoire d’amour, contrariée, cela va de soi.

L’arrivée de Jane dans le film est inoubliable : Jean Arthur fait tout pour la faire ressembler à un homme –avec la gouaille et l’accent qui vont avec ! – mais fond tout de même devant la garde-robe de Mme Cody (Helen Burgess).

 

Bref, un western comme on les aime où si les Indiens sont tués sans vergogne, ils ne sont pas pour autant montrés comme des bêtes sanguinaires mais plutôt comme les victimes de agissements des « colons » blancs. Les mentalités vont mettre du temps à évoluer et changer pour cesser de penser qu’« un bon Indien est un Indien mort. »

 

PS : on notera la présence de quelques habitués u western dans la distribution (pas toujours créditée) dont le célèbre Francis Ford, frère de John. Et on remarque à nouveau qu’il sait parler. En effet, dans les films e son frère, il se cantonne à des rôles quasiment muets : il est là, mais on ne l’entend pas beaucoup, voire pas du tout.

 

  1. Le titre original.
  2. Le film commence le 14 avril 1865, juste avant que le président américain se rende au théâtre Ford où il sera abattu.
  3. « Main de l’homme mort » : une paire d’as et une paire de huit noirs.
  4. Sauf ceux qui ont vu Little big Man.
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