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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Maurice Tourneur, #Mary Pickford
Une pauvre petite Fille riche (The Poor little rich Girl - Maurice Tourneur, 1917)

Le titre – bien traduit cette fois-ci, précisons-le – résume bien l’intrigue du film : Gwendolyn (Mary Pickford) est une petite fille riche seule. Ses parents n’ont pas de temps pour elle : le père (Charles Wellesley) est homme d’affaire à Wall Street, la mère (Madlaine Traverse) engluée dans des réceptions mondaines. Bref, rien que de très sérieux : ils n’ont pas de temps à accorder à cette petite jeune fille qui aura onze ans demain !

 

Et c’est là que se justifie le titre. Gwendolyn a tout ce qu’elle pourrait désirer. Tout, sauf l’essentiel : l’amour. Pas étonnant alors que Gwendolyn fassent tout pour attirer leur attention.

Mais l’amour ne s’achète pas, en 1917 pas plus qu’aujourd’hui, cent ans après.

Combien de parents pensent acheter la paix à la maison en achetant leur enfant ? Mais nous sortons du cadre cinématographique (encore une fois !).

 

Encore un film où Mary Pickford joue le rôle d’une gamine, me direz-vous. Oui. Que répondre d’autre ? Il faut dire que le gabarit de l’actrice permettait ce jeu sur l’âge (elle va avoir 25 ans quand sort le film aux Etats-Unis) : à chaque plan, les adultes la dominent largement, accentuant son statut de petite fille.

 

Malgré tout, elle nous gratifie d’un jeu de petite fille assez juste – malgré parfois des plans rappelant qu’elle est tout de même femme – et avec beaucoup d’humour. Il faut dire que le scénario de Frances Marion lui fait la part belle, multipliant les situations drôles, où la petite riche prisonnière se sent pauvre et libre. Ce sont bêtises sur bêtises contre des adultes qui s’ils ne sont pas absents (les parents), sont hostiles : la gouvernante (Marcia Harris) – la vipère – et Jane (Gladys Fairbanks) la femme de chambre à la personnalité double (donc fausse).

 

Cette hostilité va loin puisque, pour avoir la paix, Jane lui fait avaler un calmant à forte dose, mettant en péril sa vie.

On assiste alors à une belle dernière partie plus onirique, due au délire de Gwendolyn sous l’effet de la drogue. Elle va vivre un long voyage qui l’amènera aux limites de sa vie, rencontrant même la mort, donnant alors un tour grave au film, heureusement rapidement abandonné pour le côté joyeux de la vie.

 

Il y a un aspect initiatique à ce long délire enfantin : elle vient d’avoir onze ans et se considère comme une grande personne, et ce périple qu’elle accomplit, accompagné de deux figures amies – le jouer d’orgue de barbarie (Emile Lacroix) et le plombier (Frank McGlynn Sr.) -  lui permet d’affronter et vaincre ses opposants (la vipère et la femme double).

 

C’est donc aussi la séquence de résolution de l’intrigue : devant l’imminence du danger, les parents vont prendre conscience de leur rôle et changer.

 

Tout est donc bien qui finit bien, mais on s’en doutait un peu dès le début !

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