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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Maurice Tourneur, #Mary Pickford
Fille d'Ecosse (The Pride of the clan - Maurice Tourneur, 1917)

Ile de Killean, Ecosse.

Ce sont les McTavish qui dirigent le clan. Mais le chef vient de mourir en mer et c’est sa fille Marget (Mary Pickford) qui doit prendre sa suite dans cette contrée de mécréants.

Marget est amoureuse de Jaimie Campbell (Matt Moore), qui le lui rend bien, et ils se fiancent à la fête rituelle de St Collun.

Mais Jaimie apprend qu’il n’est pas celui qu’il croit. Sa vraie mère (Kathryn Browne-Decker) vient le chercher. Il doit quitter Killean, Marget doit l’oublier…

 

Il s’agit du premier fil de Mary Pickford, cette année-là, ainsi que le premier qu’elle tourne avec Maurice Tourneur. C’est un petit mélo tout à fait honnête mais tout de même bien prévisible et qui aurait mérité un peu plus de panache. Mais nous sommes en 1917, et Tourneur n’a pas encore pris convenablement la mesure de la star qu’il a en face de lui. Rassurez-vous, ce sera le cas pour le film suivant.

 

Nous avons donc une Mary Pickford qui n’est ni une femme, ni une petite fille. Une jeune adulescente, si vous me permettez l’expression. La première vision qu’on a d’elle est celle d’une jeune fille insouciante, mais cette image est vite balayée par le naufrage du bateau de son père. Elle va donc mûrir d’un coup.

On retrouve tout de même son côté comique dans quelques scènes, dont celle où elle a décidé de ramener tous les mécréants de l’île à l’église, utilisant comme stimulant le fouet traditionnel des McTavish.

 

Mais, en dépit de ces quelques éléments comiques, le film est un drame : elle ne peut plus se marier avec celui qu’elle aime, alors elle décide de dériver avec son bateau/logis, voguant rapidement vers, une mort assurée : l’embarcation prend presque immédiatement l’eau.

Mais depuis que D.W. Griffith est passé au long métrage (et même avant, d’ailleurs), nous aurons droit à un sauvetage (en mer, évidemment) de dernière minute. Je ne vous dis pas qui va la sauver, mais si vous réfléchissez un tout petit peu, ce sera rapidement clair dans votre esprit.

 

Reste un petit film du grand Tourneur. Un peu prévisible, mais surtout en dessous du niveau de Mary Pickford et Maurice Tourneur, mais servi tout de même par un bon montage de Clarence Brown, qui a en plus dirigé la deuxième équipe. Avec en prime un montage parallèle entre l’eau qui envahit de plus en plus le bateau alors que la pauvre Marget essaie vainement de sortir de la cale où elle s’était réfugiée.

 

Je rejoins enfin mon grand ami le professeur Allen John en ce qui concerne la mise en place du contexte qui n’a rien de folklorique, mais est avant tout rythmé par le ressac inlassable. De plus, on notera une utilisation des silhouettes très subtile :

On peut y voir un promontoire rocheux d’où se détachent trois silhouettes légèrement écartées (à gauche) et le reste des personnes un peu plus à droite, la tête penchée vers les trois autres.

Peut-on y voir un écho du Calvaire ?

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