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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Richard Brooks
Les Professionnels (The Professionals - Richard Brooks, 1966)

1917.

Quatre hommes. Chacun un pro dans son domaine :

Jack Sharp (Woody Strode), archer ; Hans Ehrengard (Robert Ryan), palefrenier ; Bill Dolworth (Burt Lancaster), artificier ; Rico Fardan (Lee Marvin), représentant en mitrailleuse, et accessoirement chef d'expédition.

Ces quatre hommes sont partis récupérer une femme (Claudia Cardinale, toujours aussi belle !), enlevé par l'infâme Jesus Raza (Jack Palance) à son mari Joseph Grant (Ralph Bellamy).

 

Quel gâchis. Un nombre impressionnant de morts pour quoi ? Une sombre histoire de cornard. Alors qu'on attend de ces héros qu'ils aillent délivrer une frêle jeune femme, presque pure (elle est mariée, alors ça m'étonnerait !), ils se retrouvent embarqués, malgré eux dans un mélo digne du théâtre de boulevard, s'il n'y avait tous ces morts.

Et c'est là que Richard Brooks est magnifique. Il brouille les cartes avec brio pour nous emmener dans une aventure mâtinée d'enjeux révolutionnaires. Parce que Rico et Bill sont d'anciens révolutionnaires. Ils ont combattu avec Villa, et même Raza ! Alors cette expédition, c'est un peu une renaissance, un retour aux sources. Chaque lieu réveille un souvenir. Sans parler des gens, Chiquita (Marie Gomez) la première, ancienne maîtresse de Bill (et de bien d'autres !).

Mais là encore, c'est un western crépusculaire. Les héros ne sont plus ce qu'ils étaient. Ils ont blanchi (sous le harnais, bien sûr). Cette expédition est plus un adieu au passé qu'un véritable exploit. D'ailleurs, où est l'exploit, quand on étudie le bilan humain ?

Nous assistons donc à un baroud d'honneur. En 1917, l'Ouest sauvage n'existe plus. La civilisation s'est établi partout aux Etats-Unis. Rico arrive au point de rendez-vous en voiture.  Mais il reste le Mexique, pour les aventuriers un tantinet nostalgiques de la grande époque. On retrouve aussi les ingrédients indispensables du western : les grands espaces et la nature hostile, avec une longue séquence dans la Vallée de la Mort qui n'est pas sans rappeler le calvaire de McTeague dans Les Rapaces (1925).

Trois ans plus tard, Sam Peckinpah emmènera lui aussi ses bandits de l'autre côté du Rio Grande, dans La Horde sauvage, presque à la même époque (1913).

Mais Brooks fait preuve malgré tout de retenue. Même si le sang coule et que les « bandits » tombent sous les balles, on n'atteint pas le degré de violence de Peckinpah. Brooks ne fait que poser des jalons. Peckinpah continuera et achèvera le travail autour du western crépusculaire.

En attendant, ce western se savoure avec gourmandise, comme une douceur sucrée. Il faut dire que le casting pouvait faire rêver les spectateurs de 1968. Même si certains sont vieillissants, les interprètes sont merveilleux. Les quatre professionnels, bien entendu, mais aussi Ralph Bellamy qui est, encore une fois, un beau salaud !

On savoure d'autant plus que le western spaghetti va se fourvoyer et perdre de sa saveur première, et qu'il faudra attendre les années 1980 pour le grand retour du genre au cinéma.

 

 

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