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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Woody Allen
La Rose pourpre du Caire (The purple Rose of Cairo - Woody Allen, 1985)

Cecilia (Mia Farrow) est mal mariée à Monk (Danny Aiello). Pour fuir e mariage malheureux, elle va au cinéma. En ce moment passe La Rose pourpre du Caire, avec Gil Shepherd (Jeff Daniels). C’est une histoire de riches oisifs qui vont en Egypte pour se changer les idées et y rencontrent Tom Baxter (Jeff Daniels), et l’emmènent avec eux en Amérique.
Pendant ce temps, Cecilia est de plus en plus malheureuse : son mari est lui aussi un oisif qui en plus passe du bon temps avec d’autres femmes.

Cecilia se réfugie au cinéma pour oublier sa condition.

C’est alors que Tom Baxter la remarque et sort de l’écran pour la rejoindre.

 

Woody Allen est en pleine mutation. Après sa période burlesque, il s’était lancé dans des comédies plus sophistiquées un tantinet bavardes (1) et revient depuis trois ans avec une nouvelle forme de comédie qui allie un peu les deux, mais dont cette Rose pourpre sort du lot.

En effet, il s’agit d’une magnifique mise en abîme sur le cinéma, l’intrigue se situant en plein essor du cinéma parlant (années 1930). C’est la chanson Cheek to Cheek qui ouvre le film et qui le termine, nous laissant avec la douce voix de Fred Astaire.

Entre les deux, une histoire absolument absurde mais tellement cinégénique.

 

L’histoire de Cecilia, tiraillée entre son amour pour un personnage fictif et son acteur est celle que rêve toute femme qui se rend au cinéma (2), surtout quand c’est pour fuir un quotidien éprouvant. Et Cecilia a de quoi : entre un mari un tantinet alcoolique et surtout coureur d’un côté et un boulot mal payé et prenant dont elle est d’ailleurs renvoyée, ne reste que peu de moyen de s’évader.

Et surtout, la magie du cinéma se met à opérer.

Pour Cecilia, bien sûr, qui se retrouve à côtoyer celui (et aussi celles et ceux) qu’elle admire, mais il en va de même pour le spectateur qui se retrouve plongé dans cette intrigue absurde à grand coefficient jouissif. C’est le rêve absolu du spectateur de cinéma que Cecilia vit et nous de même à travers elle.

Mais comme nous sommes chez Woody Allen, on ne peut passer à côté de ses marottes : tous ces thèmes métaphysiques qui peuplent son œuvre, surtout depuis War & Death.

Nous retrouvons alors les interrogations sur Dieu (dans une église) mais pour être tout de suite torpillées par Baxter qui est totalement étranger à cette croyance : il est avant tout un personnage fictif dont seule la survie et surtout le script sont importants !

 

Reste alors Mia Farrow dans un rôle magnifique, dirigée par celui qui l’aime (et qu’elle aime), interprétant cette jeune femme malheureuse avec beaucoup de justesse et (bien sûr) de conviction. On s’amuse beaucoup de ce renversement inattendu (3) et de Baxter, ce personnage complètement inadapté à l’Amérique de la Grande Dépression : il est un homme de papier dont les caractéristiques sont avant tout des stéréotypes, et donc inutiles voire dangereuses dans le monde réel.

Bien sûr, nous avons droit à la confrontation entre les deux prétendants de Cecilia, mais la comédie a disparu et le choix – rationnel – de Cecilia est souverain. En refusant Tom pour Gil, elle abandonne toutes ses espérances d’un amour vrai et passionné que pouvait lui offrir Tom.

 

Mais de toute façon, aurait-elle pu réellement le vivre ?

 

PS : J’oubliais. Woody Allen n’apparaît pas. C’est seulement la deuxième fois, la première c’était Interiors (1978).

 

  1. Euphémisme, voire pléonasme : oui, je sais professeur Allen John !
  2. Pour les hommes c’est la belle et jeune héroïne…
  3. Sauf qu’au moment de la sortie (quand j’ai vu le film la première fois), on nous rebattait les oreilles avec cette histoire de traversée d’écran, la surprise n’étant alors que très limitée…
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