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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Michael Powell, #Drame

Moi, la danse, ça ne m’a jamais passionné. Et encore moins la danse classique. Mais impossible de ne pas tomber sous le charme du film de Michael Powell et Emeric Pressburger. Comment ne pas succomber à la grâce de Moira Shearer ? Même dans ses déplacements « naturels » Moira Shearer est gracieuse

Ce film décrit un ballet, fait vivre un ballet, est un ballet.

Il s’agit ici de la copie restaurée en 2009, à partir des pellicules originales de TechnicolorÓ. Une pure merveille.

Alors on se laisse porter par le sujet : le ballet.

On assiste aux entraînements, aux répétitions, au spectacle.

Ce qui est formidable dans ce film, c’est que c’est un film de danseur fait par des danseurs (sauf le réalisateur, mais il les a laissé faire).

On vit tout. O n sue à la barre, on a le trac quand la première arrive, et puis on se laisse aller quand le moment est venu…

Et puis il y a le ballet qui a donné son nom au film : les Souliers rouges.

C’est un conte d’Andersen.

Et Powell et Pressburger nous font vivre le ballet comme jamais il n’a été vécu (et jamais il ne le sera !)

Nous vivons le ballet. D’abord, nous sommes Vicky, mais rapidement, nous sommes son public. Nous voyons et sommes la jeune femme qui trouve les chaussons rouges.

Ce qui est fantastique dans ce ballet, c’est la nouveauté.

D’habitude on voit le ballet. Et puis c’est tout.

Mais ici, Powell (et Emmerich) nous font voyager au-delà.

Au lieu de voir le ballet tel qu’il est, nous voyons le ballet tel qu’il devrait être.

Au

E lieu de seulement voir des danseurs évoluer en musique, nous voyons ce à quoi chaque musique fait référence, ce à quoi chaque musique voit nous faire penser : alors, nous sommers fleurs, oiseaux, nuages… Mais nous sommes aussi tout ce qui naît de l’esprit des danseurs (surtout Vicky).

A mon avis, les Chaussons rouges est au ballet ce que Les Enfants du Paradis sont au mime : un sommet.

Et puis l’intrigue ?

D’un côté l’amour (Moira Shearer, Marius Goring), de l’autre la rationalité : Boris Lermontov (Anton Walbrook). Et finalement, c’est Boris qui gagne, mais à quel prix.

Pour une fois, l’amour n’est pas vainqueur. Tout simplement parce que Boris n’est pas capable d’aimer.

Sa première étoile le quitte pour se marier. Et Vicky fera des même.

Mais même si Vicky revient pour lui, finalement, il restera seul. Et c’est lui – chose incroyable – qui annonce que Vicky ne pourra danser à la première (dernière pour nous). Et pour cause : elle meurt dans les bras de son mari/amant.

Et la dernière chorégraphie, avec une tache de lumière pour remplacer la danseuse défunte apporte une touche d’émotion sublime (1).

Pas étonnant que ce film fut apprécié au-delà de tout.

  1. On pense bien sûr à La Pavlova (1881-1931) en hommage à qui l'orchestre de Saint-Pétersbourg joua La Mort du Cygne (Camille Saint-Saëns) devant une scène vide, le soir de sa mort.

 

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