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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fritz Lang, #Western
Le Retour de Frank James (The Return of Frank James - Fritz Lang, 1940)

Surfant – comme on dit maintenant – sur la vague du succès du Brigand bien-aimé, la Fox demande au réalisateur allemand en vue du moment – Fritz Lang – de réaliser une suite aux aventures des frères James.

Mais le romantisme qui prévalut dans la première partie a disparu : certes Frank James (Henry Fonda) n’est pas un meurtrier, mais il n’en reste pas moins complice de Jesse James et tout de même un bandit notoire même s’il s’est rangé.

On retrouve donc une grande partie de la distribution du film de Henry King, et bien entendu, il manque Tyrone Power (Jesse James) et Nancy Kelly (Zee).

 

Les films de Fritz Lang sont toujours empreints de justice, et celui-ci ne manque pas à la règle. Cette justice concerne Frank James.

Donc Frank est coupable de méfaits passés, mais c’est pour une autre affaire qu’il est recherché : un hold-up qui a mal tourné, un employé ayant été abattu par une balle perdue.

Alors que Le Brigand bien-aimé justifiait (presque) la carrière criminelle des frères James – la responsabilité écrasante de la compagnie de chemins de fer – ici, on ne revient pas sur le passé.


Le film s’ouvre donc sur la fin du précédent : « l’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford », comme le dirait Andrew Dominik, la main du « justicier » tremblant, sans pour autant manquer sa cible.

On retrouve alors Frank James, vivant incognito dans une ferme, avec son neveu Clem (Jackie Cooper) et l’incontournable serviteur noir « Pinky » Washington (Ernest Whitman).

Mais cette existence paisible est troublée par l’annonce de la mort de son frère qu’il avait quitté suite au braquage raté.

Pour Frank (et son neveu), pas de choix possible : il faut venger la mort de Jesse.

 

Avec Le retour de Frank James, Fritz Lang s’essaie (avec succès) au western, et nous propose une nouvelle vision du genre. Après l’idéal romantique décrit par Henry King, ou Victor Fleming dans Autant en emporte le vent (l’année précédente aussi), Lang introduit une notion primordiale : l’honneur. La vengeance de Frank se situe au même niveau que celle de Rodrigue chez Corneille : il doit venger l’affront qui fut fait avec la mort de Jesse et l’amnistie accordée aux assassins. Persuadé que les frères Ford devaient être pendus, il se propose de faire lui-même la justice.

Mais arrive l’élément rédempteur : Pinky est accusé à sa place et condamné à mort.

S’ensuit alors un cas de conscience : Frank doit-il poursuivre Bob et assouvir sa vengeance ou sauver le pauvre Pinky ?

Ce dilemme rappelle, bien entendu, celui qui tortura l’esprit de Joe Wilson (Spencer Tracy) dans le premier film américain de Lang : Furie. Même si le choix de Frank est plus rapide que celui de Joe, l’analogie reste tout à fait pertinente. Mais cette fois-ci, Frank, en se présentant, empêchera l’exécution de Pinky, certes, mais aussi le précipitera dans les bras de cette même justice devant laquelle il devra répondre.

 

Et là encore, le procès est d’une grande importance. Comme je le disais plus tôt, le passé est oublié. Pourtant, la Saint-Louis Midland Railroad est partie civile et aimerait bien revenir sur le passé trouble de Frank. Mais un élément primordial joue en faveur de ce dernier : nous sommes dans le Sud. Tous les gens présents au tribunal sont des Sudistes – sauf le procureur (Russell Hicks) et le dirigeant de la Midland, McCoy (Donald Meek, encore lui). Et c’est là qu’est le nœud du propos : Frank n’est pas jugé parce qu’il est un bandit. Et il est acquitté parce qu’il est du Sud. Et en plus, cette histoire est vraie : Frank a bel et bien été acquitté par un jury d’hommes du Sud. Quant à la fin de Robert Ford (John Carradine), Lang ne s’embarrasse pas trop avec la vérité (Ford meurt en 1892, soit 9 ans après le procès de Frank James). Mais qu’importe, la mort du « traître » se justifie pleinement dans le ton du film. Et puis, n’oublions pas qu’il faut tout de même châtier les (plus) méchants.

 

Encore une fois, pour Fritz Lang, Henry Fonda joue un personnage qui est le centre d'une affaire judiciaire. Mais si Eddie Taylor (J'ai le Droit de vivre) était une victime du système judiciaire, il n'en va pas de même pour Frank James. Il n'a pas changé et s’il est au devant, cela ne l’empêche pas de rester un homme calme et réfléchi. Bien entendu, il chique du tabac à longueur de film, toujours impeccablement mis, même après une longue chevauchée : il est LE gentleman du Sud, noble et séduisant malgré ses méfaits. Mais...

 

Et à propos de séduction : la jeune femme – parce qu’il y en a toujours une – est une débutante de 20 ans qui sera l’inoubliable Laura de Preminger : Gene Tierney.

 

Notons au passage la constante des belles actrices de Fritz Lang : de Brigitte Helm à Gene Tierney, en passant par Gerda Maurus ou Sylvia Sidney, elles ont toutes de magnifiques yeux bleus clairs…

 

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