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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jim Sharman
The Rocky horror picture Show (Jim Sharman, 1975)

Un mariage.

Des amoureux.

Un orage.

Un savant fou.

Une créature.

Des extraterrestres.

 

Voici des ingrédients pour faire un (bon) film, rythmée par la musique de Richard O’Brien qui, en outre, interprète Riff-Raff, le serviteur bossu du savant Frank N. Furter (Tim Curry absolument éblouissant !).

Brad (Barry Bostwick) aime Janet (Susan Sarandon) et ensemble vont visiter leur ami le docteur Scott (Jonathan Adams). En chemin, ils crèvent un pneu et se réfugient dans le château du docteur Frank N. Furter.

Là ils assistent à la création de la vie : Frank N. Furter a créé une créature parfaite : belle et musclée pour ses activités de loisir.

 

La référence à Frankenstein est évidente. De même que celle à sa suite : la Fiancée de Frankenstein. Ce film est d’ailleurs bourré de références cinématographiques, la plupart d’entre elles énoncées dans la chanson d’introduction Science Fiction/Double Feature (1).

Mais au fur et à mesure que le film se déroule, d’autres références (2) arrivent, avec en point d’orgue King Kong et Fay Wray (citée deux fois, par ailleurs).

 

Avant le film, il y a la « comédie musicale » Rocky horror Show de Richard O’Brien, qui apparaît dans le film. Nous sommes dans une atmosphère très glam rock, où les genres ne sont pas véritablement définis et où on passe d’un partenaire à l’autre sans distinction de sexe, même si c’est pour en faire… Frank N. Furter n’est pas sans rappeler un personnage comme Gary Glitter et consorts.

Bref, nous sommes dans la période post-68, où les limites étaient encore floues avant le grand coup de massue économique qui se traduira par l’accession au pouvoir de Thatcher en Angleterre et de Reagan aux Etats-Unis : un grand raz-de-marée capitaliste qui balaiera toutes les utopies de la décennie précédente.

 

Et un peu plus de 40 ans après, qu’en reste-t-il ?

Une magnifique performance de Tim Curry, absolument éblouissant dans ce rôle de transgenre absolument bisexuel (2). Mais c’est avant tout ce qui donne le sel du film. Frank va plus loin que son lointain modèle : non seulement il donne la vie à une créature, mais en plus, elle n’est pas repoussante ! Rocky (Peter Hinwood) est un très bel homme, mannequin à l’époque, et sa comparaison avec Charles Atlas n’est pas usurpée.

En effet, pourquoi créer une créature hideuse quand on peut avoir un magnifique éphèbe ?

Si Tim Curry crève l’écran, il a – là encore, c’est une condition indispensable – des partenaires impeccables, Susan Sarandon en tête. Mais il ne faut pas oublier Barry Bostwick ainsi que le trio transylvanien Riff-Raff, Magenta (Patricia Quinn) et Columbia (Little Nell Campbell). CED sont des personnages outranciers, véritables représentants de cette tendance glam rock déjà mentionnée.

Mais il y a en outre une véritable intention de remuer le spectateur en lui proposant des images provocantes où le sexe est un des composants essentiels.

Pas étonnant que 43 ans après, ce film soit toujours à l’affiche quelque part dans le monde, avec en prime participation des spectateurs : enfin ceux qui connaissent bien le film…

Pendant ces projections, le riz et l’eau pleuvent (au mariage et pendant l’orage), on a d’ailleurs amené du papier journal pour s’abriter, et on peut apercevoir voler d’autres éléments incongrus dans une salle de cinéma : papier toilette, pain grillé, etc.

Bref, les néophytes ne sont pas à la fête (quoi que) et reçoivent en priorité ces différents éléments. Ain’t we got fun ?

 

On peut ne pas apprécier la musique, mais on ne peut pas rester insensibles aux nombreuses références du film. Outre les anciens films (dont, bien entendu, ceux de la RKO), on peut apercevoir de très nombreuses références à l’art pictural, de la toile American Gothic (Grant Wood, 1930) à la Création d’Adam (Michel-Ange, 1508-1512) – indispensable vu l’intrigue –, sans oublier Vinci et Whistler...

Je vous laisse les découvrir si ce n’est déjà fait et vous laisse donc entre les mains du célèbre criminologiste (Charles Gray, formidable, mais qui ne l’est pas ?) qui apporte son lot de références picturales ainsi qu’un cours de danse bien instructif.

 

Bref : enjoy, comme ils disent là-bas.

 

PS : Alors que Brad et Janet sont en voiture, on peut entendre le discours d’adieu de Nixon. Nos deux héros n’y prêtant aucune attention…

 

  1. Double feature fait référence aux pratiques des salles de cinéma qui proposaient deux films dans une soirée afin de lutter contre l’influence grandissante de la télévision sur le public américain.
  2. Le Cabinet du Dr. Caligari, par exemple, après chacun s’y retrouve…
  3. Vous imaginez bien qu’à cette époque, les transgenres et autres homosexuels n’avaient pas le vent en poupe (encore moins que maintenant), et que l’opinion publique n’était pas très encline à accepter un tel film.
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