Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Wes Anderson
La Famille Tenenbaum (The Royal Tenenbaums - Wes Anderson, 2001)

Le père, Royal (Gene Hackman).

Ma mère, Etheline (Anjelica Huston).

Les enfants Chas (Ben Stiller), Richie (Luke Wilson) et Margot (Gwyneth « Pepper Potts » Paltrow), l’« adoptée ».

Tout ce petit monde se retrouve sous le même toit au même moment, pour des raisons toutes plus différentes les unes que les autres : leur cercle rouge (comme le survêtement de Chas).

 

Il est très difficile de résumer ce film d’une autre façon sans entrer dans des détails qui noieront alors le propos.

Nous sommes dans l’univers de Wes Anderson, un univers décalé de ce qu’on connaît, où la famille est centrale, qu’elle soit biologique ou non. En effet, outre Margot qui fut adoptée, quatre autres personnes gravitent autour de cette communauté excentrique : Eli (Owen Wilson, le vrai frère de Luke, qui a aussi coécrit le scénario), un voisin du même âge que les enfants de Royal ; Pagoda (Kumar Pallana) le serviteur fidèle (à Royal) ; Henry Sherman (Danny Glover), comptable et amoureux d’Etheline ; et Dusty (Seymour Cassel), homme d’ascenseur et de ressources… J’oubliais Raleigh Sinclair (Bill Murray), mari de Margot et analyste (barbu cela va de soi), avec son patient Dudley (Stephen Lea Sheppard).

 

Après une courte introduction (présentée par Alec Baldwin), Anderson divise son film en chapitre, celui d’un livre (fictif) narrant les pérégrinations de cette famille. Chaque nouvelle page de chapitre nous est présentée, et le temps de lire les premiers mots, le décor apparaît et l’action commence.

Et e qu’on peut dire, c’est que les Tenenbaum sont des gens très particuliers, voire bizarres, et seule Etheline reste la figure dominante – et rassurante – le pilier sur laquelle on peut se reposer quand cela ne va pas.

 

Et il faut avouer que sauf pour elle, rien ne va : Royal a été viré de son hôtel, Chas a perdu sa femme dans un accident d’avion, Margot végète et Richie erre.

Au final, tous ces éléments singuliers vont se retrouver sous le toit d’Etheline, ramenant des souvenirs douloureux et révélant par la même occasion les failles des différents membres.

Si Royal est un escroc minable, ses enfants (adoptive et naturels) n’ont pas si bien réussi que ça, et ce malgré les prédispositions étonnantes qu’ils avaient : Margot, qui avait un don pour l’écriture ne rédige plus rien ; Chas est obnubilé par la sécurité ; et Richie, immense champion de tennis, a craqué pendant une finale, errant à travers le monde depuis cet événement.

On peut en conclure qu’à leur manière, ils ne font pas mieux que leur père, adoptif ou naturel.

 

Mais nous sommes dans un film américain, et la rédemption est possible.

Elle l’est d’autant plus qu’elle touchera tous les membres qui en ont besoin, les uns s’assumant, les autres acceptant leur sort, donnant au film sa fin heureuse sans toutefois oublier la dimension tragique inévitable à toute bonne comédie.

C’est donc un film hautement sympathique qui nous est offert ici, généreux comme peut l’être une famille mais sans non plus occulter les problèmes inévitables de cette même famille.


Et ce qui fait aussi le succès du film, c’est le casting (prestigieux, donc), Gene Hackman en tête, dont certains membres se retrouveront dans les films suivants de Wes Anderson (Owen Wilson, bien entendu, mais pas que lui).

L’autre atout du film, comme souvent chez Anderson, c’est une forme de merveilleux soutenu par une utilisation pertinente de la couleur (1). Les tons tranchent avec ce qu’on pourrait appeler la « réalité »,  le rouge des survêtements étant un exemple on ne peut plus parlant.

On retrouve d’ailleurs cette utilisation de la couleur dans les autres films d’Anderson, accentuant le côté malgré tout irréel des intrigues et de ses personnages.


Wes Anderson, un réalisateur à part, dans un cinéma parfois un tantinet attendu.

 

(1) et pourtant je suis daltonien !

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog