Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Espionnage, #William C. de Mille
The secret Game (William C. de Mille, 1917)

La grande différence entre William C. de Mille et son frère Cecil B., outre le prénom et l’orthographe du patronyme, c’est avant tout le milieu dans lequel évoluent les personnages de leurs films. D’un côté Cecil B. se complaît dans les milieux grands bourgeois voire aristocratiques, pendant que William C. reste à un niveau plus accessible pour les spectateurs, des gens tout à fait normaux dans des vies tout à fait ordinaires.

Encore que…

Si leurs vies étaient si ordinaires, on n’en ferait pas des films !

 

C’est le cas de Kitty Little (Florence Vidor, la femme de) qui travaille sous les ordres du major Northfield (Jack Holt), dans une agence de renseignements (1). Mais ne vous y trompez pas, c’est une espionne allemande dont le frère se bat sur le front. Elle est sous les ordres du bon docteur Smith (Charles Ogle) dont le vrai nom est Schmidt. Mais un personnage étranger veille sur cette agence : Nara-Nara (Sessue Hayakawa), en mission pour l’Empire du Soleil Levant qui doit aider les Etats-Unis en transportant les unités vers l’Ouest (l’Est pour nous Européens).

Mais devant la tournure prise par les événements, la motivation de Kitty s’étiole, tandis que le docteur redouble de ferveur, menaçant la jeune femme qu’il sent flancher.

 

Bien sûr, c’est un film de propagande, mais beaucoup plus subtil que celui dont j’ai parlé récemment (Mères françaises), et surtout avec des interprètes de haute volée. ON retrouve bien sûr quelques habitués de Cecil B. - Raymond Hatton (Mr./Mrs. Harris), Jack Holt donc ou encore Mayme Kelso (Mrs. Loring) – mais c’est avant tout la présence de l’immense Sessue Hayakawa qui donne toute la dimension au film. Encore une fois, il est phénoménal dans un rôle sur mesure de Japonais honorable, sabre de samouraï inclus. Bien sûr, on pense à The Cheat (2) quand on le voit apparaître, mais son personnage ici n’a pas la dimension maléfique ni sadique de Hishuru Tori. C’est même Nara-Nara le véritable personnage principal de cette histoire, beaucoup plus consistant que Northfield qui n’aura la fille que pour une seule raison : il est américain.

 

En effet, les positions sociales sont bien claires en 1917 : il n’est pas question de mélanger les ethnies. Et Hayakawa aura beau avoir la prestance, la distinction et le prestige (la classe, quoi), il n’aura jamais la fille. Et il suffit pour s’en convaincre de voir sa réaction (à elle) quand Smith/Schmidt lui demande d’être gentille avec cet honorable étranger pour s’en convaincre : là encore, c’est par devoir qu’elle va s’y prêter.

Et William C. grâce à Marion Fairfax (au scénario) va contourner cette impossibilité en le tournant à l’avantage de ce personnage fascinant (pour moi en tout cas : j’en suis fasciné) par une résolution de l’intrigue un tantinet convenue mais qui laisse la morale (de l’époque) sauve et joue aussi un (petit) peu sur la sempiternelle rédemption.

Cette rédemption sera soulignée par quelques surimpressions pertinentes possibles aussi grâce au savoir faire d’un caméraman d’exception : le talentueux Charles Rosher (excusez du peu).

 

Bref, une intrigue presque ordinaire, avec des gens presque ordinaires et surtout un Sessue Hayakawa extraordinaire.

 

  1. Les Etats-Unis sont entrés en guerre comme le souligne la première séquence qui voit des enfants défiler.
  2. De Cecil B. Tiens, tiens… On notera aussi la réminiscence de ce film dans la séquence qui voit Nara-Nara prêter serment.
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog