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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Guillermo del Toro
La Forme de l'eau (The Shape of water - Guillermo del Toro, 2017)

Ca commence comme un film de Jeunet et Caro et puis…

Et puis c’est un film de Guillermo del Toro, avec une créature étonnante.

Bien sûr, derrière la créature, on retrouve son vieux complice Doug Jones. Il faut dire qu’il rappelle étrangement Abe Sapien dans Hellboy.

 

Tout commence chez Eliza Esposito (Sally Hawkins) : comme tous les matins, elle accomplit (les mêmes gestes qui la conduisent à soin travail où elle arrive juste à temps pour ne pas être en retard – il faut dire que sa collègue et amie Zelda (Octavia Spencer) lui garde une place pour pointer à l’heure. Leur travail ? Nettoyer, les sols, les engins, les toilettes…

On a découvert une créature aquatique dans une sombre région d’Amérique du Sud. Elle est étudiée dans un des laboratoires militaires américains, dirigé par Strickland (Michael Shannon), un homme efficace et sans scrupule.

Eliza se sent attirée par cette créature, cette « forme dans l’eau »…

 

Comment ne peut-elle l’être ? En effet, elle, la différente qui ne s’exprime que par geste se sent irrémédiablement attirée par cette créature qui est « étudiée » par des militaires – avec ce que ça renferme de subtilité et de douceur. Tout comme elle, la créature ne peut faire entendre sa voix et communiquer comme tous les autres. Cette différence les rapproche et justifie alors tout ce que la jeune femme va entreprendre pour cet autre si différent mais pourtant si proche.

 

On est obligé de penser au premier film de Jeunet et Caro par l’ambiance que crée Del Toro, les différents filtres de couleur amenant un effet suranné qui nous ramène fin années 1950s – début 1960s. Mais alors que le duo nous contait une histoire post-apocalyptique, ici, nous sommes en pleine guerre froide, comme l’atteste la sous-intrigue entre le professeur Hofstetler (Michael Stuhlbarg) et Strickland. Cette créature n’est pas non plus sans nous rappeler l’histoire de l’extraterrestre de Roswell, et rajoute dans le folklore qui entoure cette période et certaines pratiques de la CIA.

Pas étonnant donc que Jean-Pierre Jeunet y ait relevé des similitudes (vous les chercherez vous-mêmes), même si le propos n’est absolument pas le même.

 

Et puis il y a le rêve. Tout comme dans Le Labyrinthe de Pan, on passe d’un monde à un autre de manière tout à fait subtile, la muette Eliza trouvant une voix pour interpréter You’ll never know dans un décor noir et blanc qui rappelle la télévision quasiment omniprésente tout le long du film (1) – comme dans Delicatessen, tiens, tiens – puis retourne à la réalité alors que s’éteint cette même voix qu’elle avait retrouvée.

Cet univers onirique tranche complètement avec cette période de pragmatisme et de consommation que furent ces années, où on achète une voiture – Cadillac, bien sûr – comme on va chercher le pain.

 

Dès le début, et fort du titre, Del Toro nous propose l’appartement où vit Eliza inondé par les eaux (lesquelles ?), où nagent entre deux eaux des objets familiers, jusqu’au divan au-dessus duquel elle flotte elle aussi, endormie dans une couverture, un cache sur les yeux. Et quand le réveil sonne, les choses retrouvent leur place, et la journée peut commencer.

Cette transition est l’une des nombreuses qu’on trouve dans tout le film, de ces transitions dont on se dit « waouh ! », tant elles sont belles.

 

Je dois dire que le titre m’intriguait, appelant en moi des idées scientifiques autant que saugrenues (la mémoire de l’eau, par exemple), alors qu’il fallait y voir quelque chose de plus simple et qui est pourtant si étrange… Vous qui l’avez vu savez de quoi je veux parler.

Quant aux autres, allez de toute urgence voir ce magnifique film qui, s’il « emprunte » certains éléments n’en demeure pas moins très beau, très sensible voire très émouvant…

 

 

(1) Si ce ne sont pas des programmes de divertissements, ce sont les caméras de surveillance dans le bureau de Strickland.

 

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