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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Lon Chaney, #Lambert Hillyer
The Shock (Lambert Hillyer, 1923)

Incroyable !

Un film avec Lon Chaney qui se termine bien !

On n'y est si peu habitué que ça en devient presque impossible.

D'habitude, on a un méchant identifié - Lon Chaney, bien sûr - à qui il arrive quelque chose de malheureux, et il va se venger ou décider de tuer un rival. Enfin rien que de très habituel. Et puis, pour faire bonne mesure, le méchant est démasqué ou/et supprimé et la morale est sauve.

Mais là, pas du tout.

Je m'explique.

 

Chinatown, San Francisco (le lieu est très important).

Wilse Dilling (Lon Chaney) est un truand. Mais pas n'importe quel truand : il est estropié (deux pieds tordus) et se déplace en béquilles. Il a pour chef(fe ?) une sacrée méchante : Queen Ann qui règne sur Chinatown dans son repaire, le Mandarin Café.

Dilling est envoyé au vert, à Falbrook, où il rencontre une jeune femme - Gertrude Hadley (Virginia Valli). Il semble avoir trouvé le chemin de la rédemption (film américain oblige !). Mais - heureusement - le père de celle-ci a des ennuis avec Queen Ann, qu'il a contribué à faire mettre en prison. Il semble donc que son passé de truand le rattrape.

Evidemment, Dilling tombe amoureux de Gertrude. Et comme toujours avec Lon Chaney, cet amour n'est pas réciproque : elle en aime un autre - Jack Cooper (Jack Mower).

Alors arrive ce qu'on attend depuis le début : Dilling menace Cooper de lourdes représailles s'il ne la rend pas heureuse !

Tout est donc prêt pour une réalisation habituelle d'un film avec Lon Chaney.

Mais Lambert Hillyer n'est pas Browning. Et si Lon Chaney nous offre encore un rôle magnifique d'invalide, les cartes sont faussées et nous n'aurons pas la fin attendue. D'où la surprise initiale !

Quoi qu'il en soit, pour le reste, Lon Chaney est véritablement formidable (euphémisme). Son jeu de visages est merveilleux et toujours aussi convaincant (avoir des parents sourds peut être aussi un atout !) : son visage décomposé à la vue de Cooper enlaçant Gertrude est d'une grande justesse, et même si ce n'est pas la première fois que je le vois, je suis toujours aussi impressionné. Et puis il y a aussi son visage menaçant - encore une expression vue de nombreuses fois chez Chaney - a toujours cette même force.

Mais comme toujours, il faut un méchant convaincant. Et comme ce n'est pas Lon Chaney, il faut le trouver ailleurs. Et c'est même LA trouver ailleurs : Queen Ann (Christine Mayo). non seulement elle est franchement mauvaise (le personnage, pas l'actrice), mais en plus, elle rivalise avec Chaney dans les expressions faciales. A eux deux, c'est un festival visuel, chacun dans son registre. Si Dilling sait être menaçant envers Cooper, Ann est glaçante et effrayante dans ses interventions, surtout envers son ex-partenaire.

 

Et puis il y a le séisme, San Francisco oblige. C'est grandiose, apocalyptique à souhait : la terre remue et se soulève, le feu prend un peu partout, les maisons s'effondrent, c'est la panique.

 

Horriblement magnifique.

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