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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Malcolm St. Clair, #Louise Brooks
Moi ! (The Show-off - Malcolm St. Clair, 1926)

Un « show-off » est une espèce nuisible : un m’as-tu-vu de la pire espèce, créature hybride née du croisement d’un baratineur et d’un menteur, dont les agissements  n’apportent la plupart du temps que ruine et désolation.

C’est le cas d’Aubrey Piper (Ford Sterling), qui passe pour un des sous-directeurs de la compagnie de chemin de fer de Pennsylvanie avec 30 employés de bureau sous ordres, alors qu’il n’est lui-même qu’un de ces employés…

Si ce n’était que ça : il est amoureux d’une jeune femme de bonne famille, la belle Amy Fisher (Lois Wilson), qui gobe chaque mensonge qui sort de sa bouche.

Au grand dam de sa famille : ses parents Ma (Claire McDowell) et Pa Fisher (Charles Goodrich) et son frère Joe (Gregory Kelly). Sans oublier la petite amie de ce dernier, Clara (Louise Brooks).

 

Avoir traduit le titre original en moi n’est pas une si mauvaise chose au final tant ce personnage est imbu de lui-même et a une conduite égocentrique absolument insupportable. Et Ford Sterling est admirable dans ce rôle, augmentant à chaque occasion le degré d’antipathie du spectateur pour cette baudruche. On se dit à chaque fois qu’il ne peut pas aller plus loin dans la bêtise, et St. Clair nous rappelle constamment que ce domaine est infini : Piper va toujours plus loin, amenant la ruine et la désolation annoncée.

Mais heureusement, St. Clair a fait ses armes auprès d’Eddie Cline et Buster Keaton : nous restons constamment dans le registre comique. Et Ford Sterling excelle : son personnage est d’un niveau de ridicule rarement atteint, que ce soit dans sa personnalité ou dans son apparence : moi qui ne suis pas un esthète vestimentaire de référence, je sais tout de même qu’on évite des vêtements à carreaux de différentes tailles et couleurs. Lui, non.

 

Mais malgré tout, ce personnage va s’amender : je vous rappelle que nous sommes dans une comédie donc tout se termine bien, ainsi que dans un film américain où la Rédemption est indispensable. Et comme nous sommes dans une comédie, il faut que le point tragique soit atteint pour avoir une résolution heureuse. Et Aubrey Piper va réparer ses bêtises – plutôt graves puisque la maison Fisher doit être saisie suite à son escapade automobile – acculé par cette famille qui n’en peut plus de ses frasques.
Et c’est là qu’intervient celle qui fait qu’on se souvient de ce film : Louise Brooks. Comme dans la plupart des films américains dans lesquels elle a tourné, elle n’est qu’un personnage secondaire (1), à peine mise en valeur par son physique (irrésistible). Seul son regard noir est (magnifiquement) souligné par la caméra (inspirée) de Lee Garmes (s’il vous plaît).

C’est Clara qui va précipiter les choses et donner son titre au film dans une harangue attendue par tous : la famille comme le spectateur.

 

Bref, une nouvelle pépite issue de cette mine d’or qu’est le cinéma muet (américain en l’occurrence) qui se regarde avec beaucoup de plaisir pour toutes ses qualités et, avouons-le, aussi parce qu’on y retrouve la belle Louise Brooks…

 

  1. C’est le réalisateur allemand G.W. Pabst qui fera d’elle le sex-symbol que nous connaissons.
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