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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Espionnage, #J. Gordon Edwards
Sa Patrie (The silent Command - J. Gordon Edwards, 1923)

Le capitaine Decatur (Edmund Lowe) a été chargé par le haut commandement de la sûreté du Canal de Panama, seule possibilité pour la Navy de se rejoindre rapidement. Mais une puissance étrangère veille et veut à tout prix empêcher ce rapprochement facile. Deux faux propriétaires de plantations de cannes à sucre – mais véritables espions – vont tenter de détourner ce brillant militaire de son devoir : Benedict Hisston (Béla Lugosi) et Menchen (Carl Harbaugh).

Comment ? En lui présentant la belle et trouble (et bien sûr irrésistible) Peg Williams (Martha Mansfield) pour semer le désordre dans sa vie bien réglée (normal, c’est un militaire).

 

Encore une fois, on peut se demander ce qui est arrivé au traducteur du titre : comment « l’ordre silencieux (1) » peut-il se transformer en « sa patrie » ? Certes, il y est question d’honneur patriotique (je l’ai déjà dit, c’est un militaire) mais ce qui fait le sel de cette intrigue, c’est tout de même cet ordre qu’on n’entend pas, ou plutôt dot on n’apprend l’existence une fois la résolution de l’intrigue commencée. Et cet ordre si discret n’est pas sans annoncer celui que l’on donnera au commandant Lex (Gary Cooper) près de trente ans plus tard (Springfield Rifle, 1952).

 

Reconnaissons-le, il s’agit d’un film mineur mais qui a la particularité de compter la présence de Béla Lugosi que ses différents rôles fantastiques ont amené à une place privilégiée dans la culture populaire. C’était un acteur au regard pénétrant et inquiétant, ce que les deux chefs opérateurs ont compris puisqu’on a droit plusieurs fois à des plans resserrés sur ses yeux qui même en noir et blanc ne peuvent qu’être bleus.

Et d’une manière générale, le duo de cameramen (George W. Lane & Bennie Miggins) proposent des cadrages très intéressants, mettant en valeur des détails pertinents, soit en serrant le plan, soit en utilisant des caches (droits et obliques) pour soutenir l’intrigue.

 

Malheureusement, ce travail visuel est parfois gâché par le monteur dont les raccords ne sont pas toujours bien pertinents. En effet, il arrive plusieurs fois qu’un plan rapproché suive un plan d’ensemble et ce dernier reprend la dernière seconde du premier, empêchant une fluidité bienvenue et surtout hachant un tantinet la continuité du film.

Pour le reste, J Gordon Edwards recycle avec habileté des images d’archives, montrant au passage la forte armada de son pays (un peu de propagande bon marché ne nuit pas…).

 

Bref, un petit film d’aventures (militaires) qui se laisse regarder sans déplaisir, mais dont on peut tout aussi bien se passer, et préférer cette même année, au hasard (2), Safety Last!

 

  1. Voire secret…
  2. Non, pas au hasard.
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